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Face à la fronde de Barro Chambrier, le PDG va-t-il faire tourner «la planche a billets » ?

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Jeudi 16 Janvier 2014 à 06:40 | Lu 1289 fois

Avec une majorité relative, en attendant le rendu de la Cour Constitutionnelle sur les recours, le PDG n’est plus tout à fait sûr de voir sa candidate s’imposer depuis l’entrée en semi-rébellion de certains élus, dont Alexandre Barro Chambrier (ABC). Peut-être le parti créé par Omar Bongo va-t-il devoir proposer à ses élus et à ceux du CLR des «moyens de fidélisation».



Alexandre Barro Chambrier n’est pas d’humeur joyeuse en ce moment. Raison : l’élu du 4ème arrondissement n’a pas très bien compris le choix fait par le «distingué camarade président» de son parti pour le poste de maire de Libreville. Son attitude peut se comprendre. Il est le seul candidat tête de liste PDG à avoir franchi la barre de 50% des voix.

Il est celui qui, côté PDG, a fait le meilleur score sur Libreville. Sans avoir à négocier avec quel que parti que ce soit, il offre au PDG tous les postes possibles : deux postes de sénateurs, un maire et deux maires adjoint d’arrondissement. Et qui plus est, il arpente les quartiers, les coins et recoins de son arrondissement depuis très longtemps et a su conquérir cette circonscription qui, en 1990, était plutôt RNB et PGP. On dit qu’en 2009, c’est seulement dans cet arrondissement et dans le Komo-Océan (chez le «camarade» Nkoghé Essingone) qu’Ali Bongo est arrivé en tête dans la province de l’Estuaire. Il a bossé, le Professeur !

Compétence, probité, travail de terrain

Mais, au fond, la semi-rébellion d’ABC est tout à la fois surprenante et compréhensible à plusieurs égards. Surprenante parce qu’elle vient d’un homme que l’on dit policé, courtois et respectueux, un homme qui, malgré toutes les frustrations subies jusque-là, a toujours tout accepté au nom de la discipline du parti et au nom du respect que l’on peut devoir des institutions et de ceux qui les incarnent. Compréhensible parce que, brillant cadre au carnet d’adresses impressionnant, ancien fonctionnaire international, sa probité et son efficacité, ABC n’a pas encore eu, à 56 ans bientôt, la carrière qu’il mérite.

En effet, à peine nommé pour la première fois à la tête d’un département ministériel (Pétrole, Mines et Hydrocarbures) en janvier 2011, il est limogé en février 2012. Un limogeage qui ressemblait à de l’humiliation. Un peu auparavant, il n’avait eu droit qu’à d’éphémères strapontins entre 2004 et 2009 (ministre délégué à l’Economie Forestière, ministre délégué à l’Economie et aux Finances, ministre délégué à la Prospective et à l’Evaluation des Politiques Publiques). ABC fait partie des cadres les plus bookés de sa génération.

On n’oublie pas qu’il a été secrétaire d’Etat à la Culture et à la Jeunesse et aux Sports en février 1990, à 32 ans, avant de devenir Conseiller chef du département Economie auprès du Premier ministre Casimir Oyé Mba qui en a, dit-il en privé, gardé un excellent souvenir. Et au fil des années et à mesure qu’il prenait part aux joutes électorales, il est devenu un homme politique d’envergure notable. Qui, au 4ème arrondissement et à Libreville, ne connaît les trois lettres (ABC) qui symbolisent son nom ? Il était en réalité le candidat qui aurait pu faire gagner très facilement l’Hôtel de ville au PDG.

Sa modestie, sa courtoisie et son sens du contact seuls devaient le mener facilement à la victoire. Dans son quatrième arrondissement, son entente et son amitié avec la tête de liste CLR, Nicaise Sickout Inguendja, montraient des signes d’une bonne alliance avec le CLR à l’Hôtel de Ville de Libreville. Il est vrai que Rose Christiane Ossouka Raponda n’est pour rien dans la déception de nombreux Librevillois qui lui auraient préféré ABC. Le lundi 6 janvier en fin de matinée, lors de sa rencontre avec le président de la République, en présence de Faustin Boukoubi, secrétaire général du PDG – une audience qui précédait l’entretien entre le chef de l’Etat et le Chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis -, lui a-t-on seulement laissé le choix ?

La «planche à billets» va-t-elle être mise à contribution ?

Certains responsables du Parti démocratique gabonais ont longtemps fait croire que si Laure Olga Gondjout était le «candidat naturel» du PDG pour la mairie de Libreville (parce qu’il fallait trouver à l’intéressée un point de chute après ses «années-présidence» au moment où elle allait faire valoir ses droits à la retraite administrative dès le 18 décembre 2013, soit quelques jours après les élections municipales), Alexandre Barro Chambrier constituait, lui, le «plan B».

Il n’en a rien été. On est plutôt allé chercher un conseiller municipal huitième d’une liste largement battue par Jean-Boniface Assélé et le CLR. Il apparaît évident que la promesse de trois postes d’adjoints au maire (sur les cinq que compte la capitale gabonaise) faite au CLR ne suffira pas. Il va d’abord falloir donner des gages au maire sortant, car dans son fief du 5ème arrondissement, il y a onze conseillers municipaux PDG dont au moins neuf lui sont fidèles. Jean-François Ntoutoume Emane qui assiste, hilare et pas très malheureux au «spectacle», s’est déjà signalé : il veut que son fils, André Théophile Ntoutoume Emane, soit désigné comme candidat au poste de maire de l’arrondissement. S’il obtient ce qu’il considérerait comme une forme de reconnaissance pour le travail abattu au PDG pendant quarante ans, le 5ème pourrait «s’aligner».

Il va ensuite falloir «fidéliser» un peu plus et les élus PDG et ceux du CLR par des espèces sonnantes et trébuchantes, évitant ainsi que de nombreuses voix ne tombent dans l’escarcelle de Jean Eyéghé Ndong au moment du vote du Conseil municipal. En plus, le dernier Premier ministre d’Omar Bongo est un bon candidat, un «candidat crédible pour le poste», selon le mot d’un adjoint au maire actuel. «Jean Eyéghé Ndong n’est pas considéré comme un sectaire, il pourra travailler aussi bien avec les élus PDG qu’avec ceux du CLR ; il pourra aussi travailler avec l’administration municipale qu’il trouvera», juge un maire d’arrondissement. En fait, depuis la mise à l’écart de Jean-François Ntoutoume Emane et convaincu que Laure Olga Gondjout et le PDG auraient du mal à s’imposer face à Jean-Boniface Assélé, tout le monde s’attendait à une confrontation Barro Chambrier – Eyéghé Ndong. L’ancien Premier ministre va-t-il s’imposer ou la «planche à billets» va-t-elle clouer ses ambitions au pilori ?

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Jeudi 16 Janvier 2014
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