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Exclusif : AMO à «La Une» “ Bientôt, je recouvre ma forme ”

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Vendredi 13 Décembre 2013 à 12:23 | Lu 1433 fois

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Absent du pays depuis quelques
mois, pour raisons médicales, le président
élu André Mba Obame (AMO)
continue à suivre – et même à
influencer – l’actualité politique
gabonaise. Dans l’interview ci-dessous,
il en fait le tour d’horizon. Sans
concession, ni langue de bois.



Nelson Mandela vient de décéder. Que vous inspire la vie de
ce grand homme ?

Au-delà de l’émotion, ce décès impose une réflexion de fond sur le
lourd héritage que lègue le grand homme. Un héritage fait de don de
soi, d’abnégation, d’abdication de l’ego, de persévérance et surtout de
conscience historique et de prise en compte du sens de l’Histoire.
Mandela a lutté pour l’égalité des droits, pour faire triompher le principe
«one man, one vote». La gestion de cet héritage est, pour la classe
politique africaine, un véritable défi. Jusque-là, la classe politique
africaine n’a, globalement, pas su être à la hauteur de ce défi. Alors
que de nombreux leaders africains en sont encore à refuser de se plier
au verdict des urnes, à accéder au pouvoir par des procédés innommables,
voire au prix du sang.

Alors que Mandela a volontairement
quitté le pouvoir, de nombreux responsables politiques africains en
sont encore à s’y accrocher. D’autres, sitôt installés, s’empressent de
se confectionner des constitutions sur-mesure. Alors que Mandela a
su composer avec toutes les couches de la société sud-africaine, sans
exclusive, de nombreux leaders africains pratiquent encore la préférence
familiale, clanique, tribale ou provinciale. D’autres s’enferment
dans un sectarisme prétendument idéologique qui tend à couper les
pays en deux ou à exclure des franges non négligeables de la population
des affaires de la cité.

Pour les leaders africains de tous bords, un examen de conscience
s’impose si nous ne voulons pas dilapider l’héritage de cette icône et
être à la hauteur de l’espérance née le 11 février 1990. Pour ma part,
je considère qu’il est de mon devoir de me soumettre à cet exercice afin
d’ouvrir une ère nouvelle pour la jeunesse gabonaise.
Votre dernière sortie publique remonte au 15 juin dernier, à
la cathédrale Ste Marie. Les Gabonais aimeraient savoir comment
a évolué votre état de santé.

La santé des hommes politiques a, de tout temps et en tout lieu, suscité
des débats de tous ordres. Pour ma part, j’ai, dès le déclenchement
de mes problèmes de santé, pris le parti de faire montre de transparence,
d’offrir aux Gabonais les outils d’une appréciation lucide de la
situation. C’est ainsi que dès le 30 mai 2011, j’ai informé l’opinion
nationale et internationale de ce que je souffrais d’une hernie discale
postéro-latérale ayant entrainé une sciatique paralysante et hyperalgique.
Par la suite, j’ai régulièrement communiqué sur mon état de
santé. Aujourd’hui encore, je me permettrai de vous dire que je suis
encore en phase de traitement intensif, notamment du point de vue
mécanique.

Il s’agit de lourdes séances de kinésithérapie et d’orthophonie.
Et, tout bien pesé, je puis vous dire que les choses évoluent
positivement. Sans vouloir m’avancer à fixer une échéance, j’ose espérer
que dans un très proche avenir, je recouvrirai la plénitude de mes
moyens physiques, étant entendu qu’intellectuellement je reste le
même, contrairement aux propos infâmes et infâmants d’un membre
du gouvernement gabonais qui, il y a quelques temps, mettait publiquement
en cause mon intégrité mentale sans s’entourer de la moindre
précaution oratoire ou s’embarrasser des subtilités que les
Gabonais sont en droit d’attendre de ceux qui prétendent les diriger.

Contrairement à vos habitudes, vous avez quitté le Gabon
dans la plus grande discrétion, et votre lieu de résidence,
depuis votre départ, alimente toutes sortes de rumeurs.

Pourquoi tant de précautions ?

Comme je vous l’ai déjà dit, la santé des hommes politiques est toujours
l’objet de vifs débats. J’ai noté que me concernant, elle a bien
souvent donné lieu à une exploitation politicienne de la part du pouvoir
pouvoir
illégitime. Les Gabonais ont pu, comme moi, observer que mon état
de santé était devenu l’objet de toutes les supputations, que certains en
avaient fait un fonds de commerce politique, allant jusqu’à pronostiquer
voire annoncer régulièrement ma disparition. Quand un pouvoir en
arrive à faire de la disparition physique d’un adversaire politique le fondement
de sa stratégie ou tout au moins un argument en faveur de sa
pérennité et de son enracinement, c’est qu’il a cessé de croire en luimême,
en sa capacité à agir, et a choisi de s’installer définitivement
dans l’irrationnel.

Pour répondre directement à votre question. J’ai quitté le Gabon,
comme je l’ai toujours fait en toute liberté et sans qu’il ne soit besoin
d’en faire l’annonce. Et c’est toujours le Pouvoir illégitime qui a créé les
conditions de faire de mon départ du Gabon un évènement qui obligeait
nos compatriotes à la réaction. Ce fut notamment le cas lorsque je
devais me rendre en Afrique du Sud en juin 2011 pour mon opération.

J’ai appris que les limiers du pouvoir illégitime établi étaient à ma
recherche depuis mon départ. Mais, je tiens à les rassurer : je ne me
cache point et serai de retour dès que mon état physique le permettra
pour donner un nouveau souffle à ma contribution au combat pour un
Gabon démocratique et juste, un Gabon pour tous. D’ores et déjà, j’indique
aux uns et aux autres, qu’en dépit de mon état de santé, je n’ai
jamais cessé d’oeuvrer pour le triomphe des idéaux démocratiques, que
je continue à mener ce combat sous des formes diverses et multiples.

Les prochaines élections locales divisent profondément l’opposition,
et votre parti, l’Union Nationale, n’échappe pas à ces divisions.
Fallait-il vraiment y aller ?

Comme j’ai déjà eu à le dire, les prochaines Locales seront une répétition
générale du scrutin majeur à venir, en ceci qu’elles permettront de
dégager le rapport de forces sociologique. Autrement dit, quels que
soient les résultats officiels qui pourront être communiqués, l’état réel
du pays apparaîtra. Pour tout dire, ces élections vont confirmer les
résultats réels de la présidentielle anticipée d’août 2009, autant qu’elles
seront l’occasion de mettre l’usage de la biométrie à l’épreuve des faits.

Nous osons croire que Gemalto demeurera fidèle à sa réputation et refusera
de brader sa crédibilité ou de la dilapider pour permettre au PDG
d’obtenir une énième victoire usurpée. En tous les cas, la seule présence
de cet opérateur nous laisse croire que, quoi qu’il arrive, le rapport de
force réel sera connu de certains amis du Gabon et de son peuple. Sur
cette base, nous faisons le pari que les uns et les autres sauront se déter-
miner pour la suite.

Toujours au sujet de la participation de l’opposition à ces élections
: qu’est-ce qui va changer pour le peuple gabonais ? N’estce
pas une manière implicite de reconnaitre le pouvoir d’Ali
Bongo ?

Il existe des différences fondamentales entre posture politique et position
politique, légitimité et légalité. Depuis 2009, les institutions gabonaises
se sont, avec l’appui inestimable de l’armée, démenées pour
conférer au pouvoir illégitime un vernis de légalité. Fort de cela, ce dernier
s’est taillé une législation sur-mesure en procédant à une révision
unilatérale des principaux textes qui organisent la vie politique au
Gabon.

Il en résulte une législation aussi scélérate qu’inopérante que
nous entendons éprouver avant le scrutin majeur à venir. Il s’agit de
créer des précédents juridiques, établir une jurisprudence et au final
faire reculer les murs de l’infamie et de la barbarie avant la prochaine
échéance capitale pour le peuple gabonais.

Loin de reconnaître, fut-ce
de façon implicite, ce pouvoir illégitime, il s’agit plutôt d’administrer au
monde entier la preuve de ses pulsions dictatoriales et de l’inconsistance
du corpus juridique dont il s’est doté depuis 2009. En participant
massivement à ces élections, le peuple gabonais contribuera donc à
montrer au monde entier que le pouvoir illégitime modifie les textes
sans s’assurer de leur opérationnalité, qu’il tend à rompre l’équilibre
juridique et institutionnel construit depuis 1990, année de la restauration
du multipartisme, et constitue, de ce fait, une menace pour la stabilité
du Gabon et, partant, un frein à son développement.

L’exigence, par une partie de l’opposition et de la société civile,
de l’organisation d’une conférence nationale souveraine semble
enterrée, surtout quand on observe que les acteurs politiques,
toutes tendances confondues, donnent la priorité aux
élections.

Qu’en-est-il réellement ?

Depuis le coup d’état électoral de septembre 2009, le dialogue entre
Gabonais est rompu. Les Gabonais se regardent en chiens de faïence.
Une situation que les législatives de décembre 2011 n’ont fait qu’amplifier.

Le taux de participation, d’une faiblesse rarement atteinte, ainsi
que les résultats qui ont donné naissance à une Assemblée nationale
monocolore ont consacré un recul sans précédent de la démocratie,
voire un retour au système de parti unique. Les nominations au sein
des institutions de la République, notamment le Conseil National de la
Communication et la Cour Constitutionnelle, sont également venues en
rajouter à cette connivence entre le Parti Démocratique Gabonais
(PDG) et les institutions de la République. Avec la désignation d’un
ancien directeur de cabinet du président du PDG et d’une personnalité
notoirement membre de la parentèle, respectivement à la tête du
Conseil National de la Communication et de la Cour Constitutionnelle,

le pouvoir illégitime a définitivement justifié le doute quant à l’impartialité
de ces institutions et à leur capacité à réguler la démocratie.
Dans un tel contexte, la Conférence nationale souveraine apparaît
comme une nécessité. Cet espace de débat et de dialogue citoyens peut
permettre à l’ensemble des citoyens de mieux appréhender la pratique
et l’éthique démocratique et comprendre la place et le rôle des institutions
de la République dans le développement économique et social du
Gabon.

Seulement, la Conférence nationale souveraine n’est pas un objectif
ultime ; elle n’est pas une fin en soi. Elle est, et demeure, un outil, un
moyen. Bien qu’elle soit toujours d’actualité, la Conférence nationale
souveraine ne saurait se suffire à elle-même. Elle doit ouvrir une période
de transition durant laquelle l’entièreté des actes seront mis en
oeuvre par une équipe restreinte, diverse, soudée et consciente des
enjeux de l’heure.

C’est pourquoi une mobilisation préalable de toutes
les couches sociales est nécessaire. Il s’agit d’établir un rapport de forces
favorable à ce dessein. Si les prochaines Locales peuvent contribuer
à établir ce rapport de forces, ce sera toujours ça de gagné. Surtout face
à un pouvoir autiste, arrogant et visiblement déconnecté des réalités,
voire inconscient.

Le pays, depuis plusieurs semaines, est secoué par la crise qui
frappe notre système éducatif. En tant qu’ancien ministre de
l’Education nationale, quel est votre avis sur la question ?

Et si,
comme l’a majoritairement souhaité le peuple gabonais en
2009, vous étiez en poste à la présidence de la République, comment
auriez-vous géré les questions d’éducation au Gabon ?

Entre 1999 et 2002, j’ai effectivement occupé les fonctions de ministre
de l’Education nationale avec, à la clé, et fait unique au Gabon, aucune
grève enregistrée durant cette période. Mais souvenez-vous qu’à mon
arrivée à la tête du Ministère en janvier 1999, les enseignants étaient
en grève depuis plusieurs mois et la menace d’une année blanche planait.
Dès ma prise de fonction, les instructions que j’ai reçues d’Omar
Bongo Ondimba étaient claires : permettre aux enfants d’aller à l’école
et de suivre leur scolarité sans problème.

La situation financière de l’Etat était très tendue et le ministre des
Finances de l’époque, Monsieur Emile Doumba, conduisait des discussions
difficiles avec le FMI qui l’obligeait à mettre l’Etat à la diète. A
chaque fois que la situation l’exigeait, je réunissais l’ensemble des partenaires
de l’Education : les fonctionnaires du Ministère, les syndicats
des enseignants, les délégués des élèves et les représentants des
parents d’élèves afin qu’ensemble, dans le cadre d’une concertation
sans exclusive, nous parvenions à trouver les solutions aux problèmes
de ce secteur.

J’ai donc privilégié le dialogue social, auquel j’ai toujours
cru, pour la conduite de ce ministère, et je crois pouvoir en être fier
aujourd’hui. Jamais, je dis bien, jamais, au cours de ces années à la tête
du Ministère de l’Education, les enseignants n’ont été contraints à l’arrêt
des cours pour obtenir de discuter avec le Gouvernement des préoccupations
de leur corporation ou de leur cadre de travail.

Le dialogue social, la démocratie, c’est d’abord un état d’esprit. Il faut
respecter ses concitoyens quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. Il
faut aimer son pays et avoir de l’ambition pour lui. C’est mon ambition
pour le Gabon, mais aussi mon plus grand respect pour le dur métier
d’enseignant et pour les femmes et les hommes qui l’exercent, qui m’ont
permis de conduire, avec leur concours, les nombreuses réformes qui
ont fait avancer notre système éducatif.

En conclusion : un message pour les Gabonais en cette fin d’année
2013 ?

En cette fin d’année 2013, je voudrais dire à mes compatriotes de toujours
se souvenir que notre pays le Gabon est un grand pays, doté d’un
potentiel humain et naturel qui lui offre la possibilité d’offrir à tous et
à chacun un cadre et des moyens pour s’épanouir. Je voudrais que mes
concitoyens gardent toujours à l’esprit que le principal handicap de
notre pays qui est à la source des difficultés nombreuses et importantes
qu’ils rencontrent au quotidien, de l’absence de perspective et
d’espérance à laquelle ils font face depuis plus de quatre ans, est le déficit
de République, de Démocratie et d’Etat de droit.

Tant que dans notre pays, les dirigeants ne sont pas le fruit du libre
choix des Gabonaises et des Gabonais, rien ne sera possible. Ce préalable
politique conditionne le développement de notre pays, l’avenir de
notre peuple et le devenir du Gabon en tant que Nation.

Cette bataille pour un Gabon démocratique, pour un Etat de droit républicain
est la mère des batailles. Elle exige de tous et de chacun, constance
et détermination. Cette bataille qui seule ouvre toutes les perspectives
et permet de donner corps à la nouvelle espérance, nous l’emporterons
avec le concours de tous.

Propos recueillis par
G.N.

la_unen_104_mich.pdf La_UNEN°104_mich.pdf  (9.18 Mo)


Vendredi 13 Décembre 2013
Gabonlibre.com : News 7J/7
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1.Posté par mboumba henry le 14/12/2013 10:30 | Alerter
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Bonjour M.le President ,heureux de vous attendre et de donne une direction a notre cher peuple Gabonais.Nous ne nous reconnaissons dans ce pouvoir violents,arrogants,meurtriers de nos enfants.
Le Gabon a besoin de vous n oublier pas que vous etes un enfant de ce pays...l emmergence de M. ali bongo tue notre peuple des la miséres et les conditions de vie sont indescriptibles, car ils savent que leurs fin est proche.Que Dieu tout puissant votre garde M. President AMO.
M. Mboumba.H.E.

2.Posté par Romuald Assoumou le 14/12/2013 14:14 | Alerter
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bonjour,

il faut bien que gemalto comptabilise ma voix, que ma voix ne soit pas dispersée, j'assume mon choix d'avoir voté la liste PDG du premier arrondissement.
carton rouge a l'opposition bancale.

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14 Commentaires - 26/06/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7
Incroyable !
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