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Dialogue politique d'Ali Bongo : Sombrer ou s’en sortir ensemble, avec quels acteurs ?

l'info réelle 7J/7 - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Mardi 7 Mars 2017 à 07:42 | Lu 1232 fois

L’enjeu du dialogue politique voulu par Ali Bongo est de tourner le dos au passé. Au-delà, il s’agit d’installer un climat d’apaisement. Avec quels acteurs ? Sur quels fondements ? Si le Premier ministre peut nourrir un sentiment du devoir accompli, on est encore loin des réponses à ces questions, si on ne s’en est pas carrément éloigné.



Pour Ali Bongo le moment est peut-être venu de faire la politique. Pour le chef de l’Etat, l’heure de la réflexion sur les équilibres institutionnels a certainement sonné. Pour le président de la République, le temps du dépassement est sans doute arrivé. Ayant reçu le rapport du comité ad hoc sur le dialogue national, il doit maintenant en tirer enseignements et conséquences. Il a le devoir d’inviter ses soutiens à sortir des postures et calculs politiciens. Il a l’obligation de donner suite aux attentes des vrais acteurs du jeu politique. Il doit permettre le traitement des véritables raisons à la crise actuelle. Surtout, il doit conjurer une menace déjà identifiée : l’échec (lire «Dialogue national : Repartir de zéro»).

Il faut réorienter ce dialogue comme il faut reconsidérer son organisation. A l’évidence, Emmanuel Issoze Ngondet a voulu minimiser les risques pour sa famille politique, privilégiant la forme sur le fond, préférant l’affichage au contenu. Au final, il a tout juste réussi à rassembler des personnalités ou formations politiques déjà représentées au gouvernement. Pour l’ordre du jour, il s’est voulu prudent, se contentant de retenir des thèmes rebattus et longtemps annoncés par la rumeur publique. A aucun moment, il n’a eu l’audace d’aller au-delà des tenants d’une participation sans condition. Il n’a pas non plus eu le courage de s’attaquer au fond du problème. On peut, d’ores et déjà, imaginer la suite : des réformes minimalistes, courues d’avance, pour une concertation sans grande légitimité (lire «Dialogue national : Le triple défi»).

Introspection pour Ali Bongo

En sa qualité de mandant, Ali Bongo doit maintenant donner suite au rapport de son mandataire. De prime abord, le schéma proposé par Emmanuel Issoze Ngondet repose sur des lieux communs (lire «Dialogue national : Le rapport du comité ad hoc remis à Ali Bongo»). Manquant de profondeur, il est fondé sur une analyse superficielle. Autrement dit, il a été conçu sans tenir compte des causes et déterminants de la situation.

Du coup, un sentiment de gâchis, d’occasion ratée, domine l’atmosphère. Et si ce rendez-vous était simplement en train de virer à des retrouvailles entre amis, à une série d’agapes avec à la clé une distribution de jetons de présence ? Certes, cette rencontre se tiendra, conformément au vœu de son initiateur. Mais, avec quelle distribution ? Pour quels objectifs ? Sur quels fondements ? Ayant malgré tout réussi à rendre sa copie, le Premier ministre peut nourrir un sentiment du devoir accompli. Mais, on est encore loin de la sortie de crise, si on ne s’en est pas davantage éloigné.

S’il veut d’une concertation fructueuse, Ali Bongo ne peut faire l’économie d’un examen de conscience. Il ne peut s’exonérer d’une introspection. Depuis la formation de l’actuel gouvernement et la désignation de son chef comme maître d’œuvre de ce dialogue, l’opinion publique a exprimé des doutes. Se remémorant le contentieux électoral, elle n’a pas compris le sens de la nomination de Francis Nkea Ndzigue au poste de ministre en charge du Dialogue politique.

Pour elle, l’avocat d’Ali Bongo est trop fougueux, trop zélé. Pour tout dire, il est trop clivant, trop marqué idéologiquement, pour aider au rassemblement. Se souvenant du rôle d’un Premier ministre, de nombreux observateurs ont émis des réserves. Se rappelant le parcours d’Emmanuel Issoze Ngondet, ils ont formulé des doutes quant à sa capacité à rallier les esprits rétifs. A leurs yeux, les tâches inhérentes à la direction d’un gouvernement ne laissent pas le temps d’œuvrer à autre chose. De leur point de vue, ce politique de fraîche date n’est pas assez introduit, assez madré, pour tenir la dragée haute aux vieux baroudeurs de la politique nationale. Sans doute, le résultat actuel donne-t-il raison aux sceptiques. En tout cas, il ne suscite guère d’optimisme.

Origines de la crise : acteurs et thèmes

Et pourtant, il paraît plus logique de repartir aux origines de la crise, là où tout s’est déréglé. Aussi intransigeants soient-ils, les acteurs concernés sont connus : outre Ali Bongo et Jean Ping, il y a, d’une part, les partis de la Majorité républicaine et sociale pour l’émergence et, d’autre part, les membres de la Coalition pour la nouvelle république. Naturellement, Emmanuel Issoze Ngondet, René Aboghé Ella, Pacôme Moubelet-Boubeya, Lambert-Noêl Matha, Mathias Otounga Ossibadjouo et Etienne Massard Kabinda devraient être impliqués. Pour se donner toutes les chances de mieux cerner les déterminants de cette crise, Marie-Madeleine Mborantsuo et ses collègues de la Cour constitutionnelle seraient également de la partie. Dans ce casting, Paulette Ayo Akolly et Jacques Denis Tsanga ne seraient évidemment pas de trop.

Aussi sensibles soient-ils, les thèmes susceptibles de constituer un ordre du jour sont facilement identifiables : rôle et implication des personnels de commandement (préfets et gouverneurs) dans le processus électoral, publicité et centralisation des résultats (délais et modalités), validation et publication des résultats (délais et modalités). Bien entendu, l’indépendance de la justice, les modalités de réquisition ou de mobilisation de la force publique, la responsabilité individuelle (civile et pénale) des détenteurs de l’autorité publique voire l’organisation et le fonctionnement de certaines institutions (Commission électorale nationale autonome et permanente et Cour constitutionnelle notamment) pourraient y figurer en bonne place.

Pour le plus grand malheur de la communauté nationale, les organisateurs du dialogue politique ont pris une option peu rassurante : absence des acteurs majeurs et escamotage des sujets de fond constituent leur ligne. Disant vouloir décrisper l’atmosphère, ils ne sont cependant pas prêts à débattre du fond. Après tout, ne disposent-ils pas de l’effectivité du pouvoir ?

Faute de courage politique, ils n’arrivent pas à prendre les risques appropriés. Par absence de vision prospective, ils s’enferment dans des choix précautionneux. Sommes-nous condamnés à revivre le passé ? Devons-nous inéluctablement vivre sous tension ? Allons-nous sombrer ensemble ou nous en sortir collectivement ? Tel aurait été le vrai enjeu d’un dialogue dénué d’arrière-pensées politiciennes. S’il est, peut-être, temps d’en tenir compte, l’heure est venue de prendre une décision politique.

avec gabonreview

Mardi 7 Mars 2017
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