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Dialogue politique d'Ali Bongo : L’aube de nouvelles déchirures

l'info réelle 7J/7 - Info juste & Utile : News 7J/7 le Lundi 27 Mars 2017 à 07:38 | Lu 4102 fois

Le rôle des transfuges du camp Ping et la désignation de membres de la majorité pour le compte de l’opposition pourraient raviver bien des tensions ou en provoquer d’autres.



En politique, le dialogue est un outil. Généralement, il débouche sur des compromis. Habituellement, il permet de décrisper l’atmosphère. Mais parfois, il donne lieu à des compromissions. Quelquefois, il se solde par des tensions voire des déchirures. Les organisateurs du dialogue politique voulu par Ali Bongo pourraient bien en faire la douloureuse expérience.

Au sortir de ce rendez-vous, ils pourraient avoir la gueule de bois : le constat d’une société divisée comme jamais auparavant pourrait s’imposer à eux. En 1990, la volonté de tourner le dos au monolithisme politique avait servi de levier. Elle avait permis de dépasser les contradictions, ouvrant la voie à la pacification de la société. Dans la même veine, en 1994, le réalisme politique avait favorisé la prise en compte des blocs idéologiques et forces politiques, permettant ainsi de vider le contentieux né de la présidentielle contestée du 5 décembre 1993.

Conjuration contre Jean Ping et ses soutiens

Annoncé pour le 28 du mois courant, le dialogue politique voulu par Ali Bongo risque bien de produire l’effet contraire. En scindant les travaux en deux sessions distinctes, il donne le sentiment de vouloir isoler les forces politiques, histoire de créer les conditions propices aux arrangements d’arrière-boutique. En surfant avant tout sur les contradictions internes au camp Ping, il tend à gratter les plaies au lieu de les cautériser. En ouvrant grandement les bras aux dissidents de formations politiques établies, il apparaît comme un facteur de division et non de réconciliation.

Déjà, René Ndemezo’o Obiang y joue les premiers rôles, comme si son implication dans la dernière présidentielle n’était pas liée à ses accointances politiques d’alors. Le ministre en charge du Dialogue politique se vante, lui, de la participation de «factions» prétendument issues de partis de l’opposition, comme si le gouvernement encourageait désormais les manquements aux textes. Pendant ce temps, le comité interministériel de préparation de ces assises revendique l’enregistrement de «près de 887 associations et/ou groupes», comme si les grèves enregistrées çà et là ne traduisaient rien.

Le maintien en détention de certaines figures de la contestation, notamment l’ancien député Bertrand Zibi Abéghé, en rajoute aux doutes. Pis, les derniers développements de l’actualité – interprétation spécieuse des dispositions constitutionnelles sur la Haute cour de justice, suspension des activités de la Conasysed, modification de lois par ordonnances sans en motiver l’urgence – légitiment toutes les réserves. Le dialogue politique voulu par Ali Bongo va-t-il se prononcer sur les nombreuses détentions aux ressorts et motifs pas toujours établis ?

Va-t-il statuer sur la toute-puissance de la Cour constitutionnelle et sa fâcheuse tendance à faire la loi au lieu de dire le droit ? Pourra-t-il garantir d’exercice des libertés fondamentales ? Réfléchira-t-il à une meilleure prise en compte du Parlement et aux garanties de son indépendance véritable ? Va-t-il tirer toutes les conséquences des atteintes répétées aux libertés fondamentales, à la démocratie et à la République ? Pour l’heure, sa distribution renvoie plutôt l’image d’une conjuration contre Jean Ping et ses soutiens ou tout au moins d’un conclave interne aux amis d’Ali Bongo et leurs alliés objectifs.

Opération de partage de prébendes

De toute évidence, cette grand-messe ne donnera pas lieu à la catharsis collective tant espérée. En tout cas, tout indique le contraire. En affublant le président du parti d’où est issu l’actuel ministre des Petites et moyennes entreprises du statut de représentant de l’opposition, ses organisateurs ont versé dans l’esbroufe. En laissant la ministre de l’Economie forestière prétendre y aller au nom d’un parti dont elle a été exclue, ils tombent dans le déni des réalités.

Au-delà, ils facilitent la résurgence des colères et frustrations des sept dernières années. La composition du Comité interministériel dédié illustre aussi ce retournement complet d’objectif : tous les membres du gouvernement, directement ou indirectement, impliqués dans le vaudeville de la dernière présidentielle s’y retrouvent. Comme on peut le deviner, ils usent de leur influence pour banaliser la querelle sur les chiffres de cette élection. Ils pèsent de tout leur poids pour minimiser la portée des événements post-électoraux.

L’ordre du jour des assises traduit, du reste, cette réalité. En faisant l’impasse sur le droit de savoir, les organisateurs de ce dialogue se sont opposés à la manifestation de la vérité, au devoir de mémoire et à la reconnaissance due aux victimes. En occultant le droit à la justice, ils ont refusé d’admettre la responsabilité des représentants de l’Etat.

En passant outre la nécessité de fournir des garanties de non-répétition, ils ont œuvré contre les nécessaires réparations. Surtout, ils ont ouvert la voie à des réformes institutionnelles pas toujours adaptées. Bon gré mal gré, on ne voit pas comment cette rencontre pourrait déboucher sur une réconciliation nationale. Tout se passe comme si certains y avaient même déjà renoncé. Au grand dam de la population, des tensions et déchirures nouvelles ne sont plus à exclure.

Estimant avoir fait le plus difficile en s’assurant de leur maintien aux affaires, les organisateurs du dialogue politique étalent leurs ambitions. Désormais, toute leur réflexion se trouve orientée vers la défense de privilèges. Ne leur déplaise, ils songent maintenant au partage de prébendes. Or, à ce jeu-là, on est généralement zélé voire impitoyable. Pour apparaître comme incontournable, on a souvent envie de se donner de la contenance.

Pour se donner de la contenance, on tend, dans bien des cas, à sur-jouer son engagement et sa détermination. Pour convaincre de son engagement et de sa détermination, on incline, très souvent, à provoquer, ouvrir de nouveaux foyers ou souffler sur les braises. Or, entre Francis Nkéa Ndzigue, René Ndemezo’o Obiang ou Estelle Ondo, ils sont nombreux à avoir intérêt à souffler sur les braises…

avec gabonreview

Lundi 27 Mars 2017
Info juste & Utile : News 7J/7
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