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Dialogue politique d'Ali Bongo : Fuite en avant

l'info réelle 7J/7 - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Vendredi 7 Avril 2017 à 07:19 | Lu 1590 fois

En l’absence des ténors, la participation de certaines personnalités de l’opposition ne permettra ni de rassembler, ni de dépasser les clivages partisans, encore moins d’aller au fond des problèmes. À y regarder de près, la concertation voulue par Ali Bongo débouchera sur un accord vague et fondé sur des généralités.



Censé trouver une voie de sortie à la crise post-électorale, le Dialogue politique est en passe de virer à la querelle politicienne. Sous l’égide de militants sectaires et zélés, il s’est transformé en une opération de débauchage. Depuis des semaines, ses organisateurs n’ont de cesse d’annoncer la participation de «factions» de partis politiques reconnus ou de militants de l’opposition agissant «en leurs nom propres» (lire «Le triple défi»).

Depuis des mois, les partis concernés, et plus largement le camp Ping, demandent à être édifiés sur la différence entre cette concertation et celles ayant eu lieu en 90, 94 et 2006 (lire «Jean Ping dénonce «un bal des vampires»»). Depuis des semaines, ils disent ne pas se reconnaître dans la démarche de certains des leurs (lire «Agir maintenant pour faire bouger les lignes»). Bref, instruits de l’expérience du passé, ils essaient de comprendre en quoi l’initiative en cours va à rebours d’une tradition vieille de plus d’un quart de siècle.

Une stratégie connue de longue date

N’empêche, les organisateurs du Dialogue politique campent sur leur position. Comme si quelque chose d’inavouable, de plus viscéral, de plus pernicieux et finalement de plus partisan se cache derrière leur assaut de bons sentiments. Droits dans leurs bottes, ils ne changent rien à leur argumentation. Du haut de leurs certitudes, ils maintiennent leur cap. Or, en l’absence des ténors, la participation de certaines personnalités de l’opposition ne changera rien au déficit de représentativité, ni à la partialité de l’organisation, ni à l’inadaptation des thèmes abordés. Autrement dit, cette rencontre ne permettra ni de rassembler, ni de dépasser les clivages partisans, encore moins d’aller au fond des problèmes. À y regarder de près, elle débouchera sur un consensus mou, c’est-à-dire un accord vague et fondé sur des généralités. Manifestement, elle jouera sur les marges et non sur les principes. On est en face de la manœuvre politicienne type.

Les organisateurs du Dialogue politique se trompent-ils de bataille et d’époque ? Depuis 1990, la recherche du consensus a permis de s’attaquer aux questions de forme sans rien régler au fond. Mais, sur ce coup-ci, la dynamique née de la désignation de Jean Ping comme candidat unique de l’opposition, l’inédite mobilisation des Gabonais de l’extérieur et les prises de position de l’Union européenne laissent croire en une possibilité de basculement.

Du coup, le Dialogue politique s’en trouve rejeté et combattu par la frange la plus représentative de l’opposition et même de l’opinion nationale. L’intérêt d’y prendre part n’est plus du tout évident. Pire : le pouvoir s’étant, pendant quatre ans, refusé à toute concertation avec le reste de la société (lire «Ali Bongo devant le congrès du Parlement dit «Non au dialogue»»), toute adhésion à l’initiative en cours est interprétée comme une renonciation aux droits civils et politiques. A minima, elle est perçue comme une capitulation ou tout au moins la légitimation d’une stratégie connue de longue date (lire «Bilie-By-Nzé pour un dialogue après la présidentielle»).

Le respect de la règle de droit, fondement de la légitimité

Doit-on malgré tout aller au Dialogue politique ? Cette question est au centre de querelles byzantines au sein de l’opposition. Pour les tenants de la participation, il s’agit de contribuer à la réforme des institutions pour, un tant soit peu, permettre des avancées démocratiques (lire «La lecture de Démocratie nouvelle»). Séduisante sur le papier, cette lecture est systématiquement battue en brèche.

D’abord parce qu’elle conduit ses chantres à se renier en reconnaissant formellement le pouvoir en place. Ensuite parce que tout le processus préparatoire est apparu biaisé et au service exclusif des intérêts de la majorité (lire «Repartir de zéro»). Enfin parce qu’ils y vont sans stratégie d’ensemble. A bien des égards, leur stratégie se confond même à celle du Comité ad hoc préparatoire (lire «Ben Moubamba, pas d’accord»).

À la fin des fins, la participation de certaines personnalités de l’opposition ne repose sur rien d’élaboré. Et pour cause : les réformes institutionnelles ne garantissent ni l’application de la loi, ni l’impartialité des institutions. Si tel était le cas, l’alternance serait déjà advenue. La limitation des mandats n’aurait pas été supprimée de la Constitution et on ne serait jamais revenu au septennat. Si le scrutin à deux tours était une solution, Omar Bongo n’aurait pas été proclamé vainqueur au premier tour en 1993 et Ali Bongo n’aurait pas dépassé la barre des 50% en 2016. La démocratie ne se limite pas à l’organisation de scrutins formellement pluralistes. Elle consiste justement à aller au-delà. Elle repose sur le respect de la règle de droit, fondement trop méconnu de la légitimité.

Peut-on s’assurer de l’impartialité des institutions en façonnant des textes juridiques ? C’est l’argument de façade brandi par certains militants de l’opposition. Feignant de ne pas avoir souvenance d’interprétations biaisées de la loi ou de connivences entretenues (lire «Qui ment, la Cour constitutionnelle ou le gouvernement ?»), ils magnifient les réformes juridiques et institutionnelles.

Malheureusement pour ces adeptes de la fuite en avant, des précédents puisés, y compris dans l’histoire immédiate, (lire «Ngoubou et Ngambia, simples citoyens ?») contredisent leurs arguments. Pourquoi doivent-ils feindre de croire le contraire ? Ne leur en déplaise, une chose est, d’ores et déjà, certaine : comme toutes les rencontres organisées par le pouvoir depuis 1990, le Dialogue politique ne sera ni un neuralyzer, ni une pierre philosophale encore moins une séance d’alchimie.

avec gabonreview

Vendredi 7 Avril 2017
Gabonlibre.com : News 7J/7
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