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D'Omar Bongo à Ali Ben Bongo : la saga du sous-développement au Gabon

Le site de la Liberté - Source : Le post - MBKM le Samedi 7 Août 2010 à 21:55 | Lu 950 fois



D'Omar Bongo à Ali Ben Bongo : la saga du sous-développement au Gabon
La première grande décision politique prise par Ali Ben Bongo, l’interdiction d’exporter le bois en grume du Gabon en vue de sa transformation locale, fut d’emblée qualifiée d’amateurisme. Sans rechercher la polémique, on peut étayer cette remarque par une analyse des principales mesures adoptées et celles annoncées par le gouvernement « d’émergence » : 1/ La fin de l’exportation des grume gabonais en faveur de leur transformation locale ; 2/ L’instauration de la journée continue ; 3/ la codification des tenues vestimentaires au sein de l’administration ; 4/ l’instauration d’une journée nationale du drapeau.

1/ Le véto sur l’exportation du bois gabonais. A première vue, cette mesure ne manque pas de pertinence puisqu’elle vise à consolider le tissu économique national. Reste une question : pourquoi l’avoir adoptée dans la précipitation ? La mesure est d’envergure. Elle doit permettre de tourner la page d’un modèle de gestion de la forêt daté et de dynamiser l'un des plus importants gisements d’emplois du pays.

Pour réaliser ses objectifs de rentabilité, la nouvelle industrie avait besoin d’un temps d’incubation et d’adaptation, impliquant la mise en place des infrastructures nécessaires, l’implantation des usines de transformation du bois et la formation d’une expertise locale. Si une décision aussi importante a été prise dans un contexte où la précipitation semble le disputer à la légèreté, c’est qu’elle traduit trois maux qui ont mené Ali Ben Bongo au pouvoir : l’impréparation, la brutalité et l’amateurisme.

2/ L’instauration d’une journée continue. Avant de commenter cette mesure, il convient de signaler qu’au sein des Etats normalement constitués les grandes décisions politiques procèdent des études menées par des experts. De telles études établissent la rentabilité ou le bien-fondé d’un projet politique avant son exécution. Question : le lancement d’une journée continue au Gabon a-t-elle fait l’objet d’enquêtes sociologiques ?

C’est un truisme de rappeler que le climat influe énormément sur les comportements collectifs et sur l’activité économique. La pause de la mi-journée n’était-elle pas nécessaire pour permettre aux Gabonais de se ressourcer ? D’innombrables études scientifiques ont démontré les bienfaits (réparateurs) de la sieste. Pourquoi astreindre la population à un régime professionnel emprunté à des sociétés qui ne sont pas soumises aux mêmes conditions climatiques que le Gabon ? Le second problème se rapporte à la culture du pays : chaque Gabonais a une gestion financière qui l’oblige à prendre ses repas chez lui en compagnie de sa famille.

Les habitudes alimentaires, elles-mêmes, sont modulées en fonction des exigences budgétaires. Ce n’est pas tant le chamboulement des habitudes qui offusque que le corsetage des budgets familiaux déjà serrés. Si comme le prétendent certains il y a gain de productivité pour l’Etat et les entreprises, qu’en est-il des finances au sein des familles ? A-t-on prévu des cantines dans les administrations pour les agents de l’Etat ? A-t-on prévu des lieux d’accueil (cantines scolaires, crèches) pour les enfants ? Il semble que le gouvernement d’émergence met la charrue avant les bœufs, ce qui ne promet rien de bon.

3/ L’instauration d’un code vestimentaire au sein de l’administration. La vraie question ici est de savoir s’il n’eût pas été plus simple d’imposer des uniformes, comme on l’exige des écoliers et des collégiens, à tous les agents de l’Etat. Ainsi aurait-il été plus facile de punir tous les contrevenants à la loi. On connaissait l’adage : l’habit ne fait pas le moine. Il va falloir l’inverser.

Désormais le bon agent de l’Etat gabonais se reconnaîtra non à ses compétences mais à son costume, son ensemble tailleur, sa veste avec ou sans cravate, son abacost, son boubou cérémonieux de Mamadou, sa saharienne et ses chaussures de ville.

Tout le monde n’étant ni président de la république ni premier ministre qui disposent des lignes budgétaires affectées à la sape, le fonctionnaire lambda, lui, devrait trouver de l’argent par n’importe quel moyen pour se conformer au nouveau code vestimentaire. Il ne faudrait pas s’étonner de la croissance des vols et du détournement des fonds publics. Pour les plus probes, il reste le surendettement auprès des Libanais qui tiennent en laisse pères et mères de familles déjà en détresse.

4/ L’instauration d’une journée de respect du drapeau. Il faudrait commencer par rappeler ce qu’est un drapeau national. Il s’agit d’un emblème dont les couleurs recouvrent des significations diverses. Il est un symbole républicain rassembleur. Il incarne la Nation. La Patrie. Tous les citoyens sont censés y prêter allégeance. Sans doute l’instauration d’une telle mesure est-elle partie d’un constat : la dégradation du civisme à l’égard du drapeau. Comme pour tout le reste, le gouvernement a décidé d’un projet sans questionnement a priori.

Or il aurait fallu d'abord comprendre pourquoi tant de Gabonais ne vénèrent plus le drapeau national. Pourquoi ne s’y reconnaissent-ils plus ? De notre point de vue, le non respect du drapeau est révélateur d’une crise identitaire et politique majeure, qui date du règne d’Omar Bongo, et que semble traduire l’abstention massive des Gabonais aux diverses élections. Crise identitaire parce qu’il s’agit d’un rejet d’appartenance et d’un rejet des hommes politiques supposés incarner la Nation. Mais le rejet n’est pas absolu. Il correspond davantage à un mouvement de révolte, à un retrait provisoire en attendant la naissance du « Beautiful One » comme dirait l’écrivain ghanéen Ayi Kwei Armah.

Le Gabonais n’étant pas reconnu comme citoyen renie une République galvaudée. Surtout ceux qui l’incarnent. On est dans le nihilisme réciproque : le Gabonais nie ceux qui le nient par la ruine de la démocratie et le non respect de ses droits sociaux les plus élémentaires. La mesure devient alors un tour de passe-passe : on invite tous à chanter sous le drapeau en espérant, sur le mode de la synecdoque, que le sentiment d’amour né de ce rassemblement, du nouvel élan patriotique, rejaillira sur les gouvernants actuels et leur permettra de recouvrer l’estime perdue auprès de la population. Non l’amour du drapeau ne s’achète pas. Il ne se dicte non plus.

Il est don acquis à travers des élections libres. Seuls jouiront des bienfaits de ce don, les hommes d’Etat qui respecteront les idéaux auxquels renvoient les couleurs du drapeau. L’humanité tout entière aime Nelson Mandela parce que ce dernier nous a fait don de sa vie en se battant pour des idéaux qui font de l’homme une créature exceptionnelle sur terre.

Samedi 7 Août 2010
Source : Le post - MBKM
Vu (s) 950 fois




1.Posté par MEKENG le 07/08/2010 22:38 | Alerter
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Ce post ne requiert de ma part aucun commentaire particulier. Il est à déguster doctement ,tellement le propos est clair, limpide et l'analyse cartésienne pour ne pas dire pertinente. Toute personne sensée et objective ne peut qu' y adhérer. Merci mon frère, ce régime nous donnera toujours l'impression dans nos analyses de "défoncer des portes ouvertes" tant son incompétence est criarde rendant ainsi la critique aisée. Ce qui est dommageable et même frustrant pour un débat démocratique qui est la confrontation des idées; mais l'amateurisme et l'imposture du camp d'en face nous privent de cet exercice exaltant.

2.Posté par leblagueur le 07/08/2010 23:17 | Alerter
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Merci pour cet article, d'une qualité trop rare.

3.Posté par Mezzah le 08/08/2010 09:39 | Alerter
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Cet article de MBKM sort d'un esprit pur, clairvoyant, mur et sincère.

Il n'y a rien à rajouter si ce n'est qu'il est triste de voir un pays se priver de grands talents comme MBKM parce que les intérêts des Bongo-PéDéG-FranceAfrique sont plus importants que la volonté du peuple de disposer de lui-même.

Merci MBKM.

4.Posté par nietszche le 08/08/2010 15:45 | Alerter
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Des legistes on en a connu quirielle avec des perceptions entassées les unes sur les autres.

Juste des points de vues alors que l heure est à l action, à la medication , je dirais meme "à la resurrection" .

Et "the Beautiful One", c est celui qui contrairement à d aucun se donne le merite d essayer là où d autres ont considéré l impossibilité , faute de n avoir jamais osé essayé et de s etre plutot inscrit dans la complaisance .

Alors decortiquez ! la liste est bien encore plus longue .Pour une fois qu elle ne porte pas sur l inaction ,c est dejà dejà ca de gagner pour votre angle de sur-Cadrage de l action gouvernementale et pour le peuple !

5.Posté par Paul le 09/08/2010 16:53 | Alerter
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MBKM, auteur de cet article est Nul. Mon jugement n'est pas de nature à disqualifier les propos, mais à dépréciser son jugement vis à vis du régime de l'émergence.
Je crois à mon heuble avis que MBKM ne vit pas au Gabon, encore plus à Libreville où la marche vers le développement est décidément engagée. Il faut dire que le changement auquel nous somme engagé n'est pas pour aujoud'hui, mais, pour demain et après demain. Ce que le peuple veut et voudra est entrain de se réaliser.
Nous savons aussi qu'il y a du chemin, car l'obstacle vers le développement de ce pays est bien la mauvaise volonté des gens comme MBKM, à commencer par ceux qui s'illustrent par la critique sans pour autant proposer.
Si le régime a instauré en si peu de temps ces mesures, qui, n'avaient de cité que dans les rêves, il faut reconnaitre que demain, comme le dira Dominique Duma, sera un jour nouveau.
les propos de MBK n'engagent que son auteur, et le contenu sans OBJET pour l'émergence.
Merci

6.Posté par MEKENG le 09/08/2010 19:58 | Alerter
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Au lieu de Paul vous devriez vous prénommer Saül autant soit peu que vous ayez un peu de culture théologique vous comprendrez la nuance. Non seulement MBKM critique mais le plus ineressant c'est qu'il dit ce qui était judicieux de faire. DE GAULLE disait à propos de l' Europe que c'est pas parceque on crie comme un cabri europe..europe..europe que celle-ci se fera. Il en est de même de l'émergence qu'on ressasse à la maniére creuse de feu les slogans du pdg d'antan. Pourquoi diandre avoir autant de céssité juste parcequ' on veut enfumer le peuple. Citez un seul exemple de développement engagé au Gabon hormis l'action de la parole.Tous les ministres clefs de l'époque d'OBO sont tjs en place ce qui revient à dire qu'ils n'ont pas été surpris du diagnostic posé par celui qui découvre le Gabon aprés avoir travaillé à côté du pére pendant des décennies.Qu'attendez vous comme propositions alors que le pdg a un programme de gouvernement. la réalité du pouvoir vous submerge et en plus vous confondez vitesse et précipitation. L'amateurisme est en action voudrie- vous dire. Les gabonais ne sont pas des zozos. Assainissez d'abord les finances publiques , soyez implacables enversles voleurs qui n'ont jamais sévi autant que depuis alain bongo est au "pouvoir" et sans être inquiétés. Tout individu ayant un peu de bon sens sait qu'il n'y a pas de financement pour tous ces "projets". Et c'est à cause de celà qu'on met tjs la charrue avant les boeufs. Pauvre de vous. Un jour prochain viendra et vous verrez l'intelligence au pouvoir et les résultats seront au rendez-vous. Bandes d'incompétents.

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