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Conférence de presse de Casimir Oyé Mba , - Propos Liminaire à Libreville, le 11 juin 2016

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Dimanche 12 Juin 2016 à 08:23 | Lu 1667 fois



Monsieur le président de l’Union nationale,
Mesdames et messieurs les journalistes,
Distingués invités, Chers amis,

Je vous remercie d’avoir fait le déplacement du siège de l’Union nationale pour participer ou assister à cette rencontre que j’ai souhaitée avec la presse nationale et internationale à la suite de mon élection puis mon investiture par le Congrès de mon Parti.

C’est, en effet, avec la presse que j’ai choisi de m’entretenir en premier lieu parce qu’elle est, dans le débat public, un outil aussi indispensable que redoutable.
Indispensable, car elle seule peut assurer la découverte et la circulation de l’information, la diffusion et la confrontation des opinions. En un mot, seule la presse peut garantir les conditions d’un débat public fécond, respectueux de la volonté individuelle de chaque citoyen.

Redoutable, car elle peut aussi, en déformant, en sélectionnant ou en escamotant les informations et opinions, exercer une influence néfaste sur la formation des volontés et sur les comportements.
L’objectif de cette rencontre avec la presse est, à travers les questions des journalistes, de me permettre de répondre aux préoccupations de nos concitoyens.

Avant cela, il me parait utile de lever deux équivoques qui pourraient dénaturer nos échanges.
La présente conférence de presse n’a pas été organisée pour disserter sur les images diffusées sur les réseaux sociaux et dans lesquelles Ali Bongo a été vu à mes cotés.

Il se trouve, en effet, que le 08 juin dernier, j’ai répondu à l’invitation de votre confrère Monsieur Alain Foka, animateur de l’émission Archives d’Afrique sur Radio France International, qui venait présenter un film documentaire, dans lequel j’ai apporté mon témoignage, consacré à l’ancien président de la République, Omar Bongo Ondimba.

À cette cérémonie, Ali Bongo, était invité comme moi ; il s’est trouvé que nous nous sommes salués. Ses photographes et cameramen se sont précipités pour saisir des images et se sont empressés de les diffuser sur les réseaux sociaux.
Même si cet évènement me renseigne sur le fait que les communicants d’Ali Bongo pensent qu’il est important que ce-dernier soit vu à mes cotés, les nombreuses réactions de mes compatriotes me confortent dans l’idée qu’Ali Bongo, que je n’ai personnellement jamais fréquenté, n’est à leurs yeux vraiment pas fréquentable. Que les Gabonais se rassurent : Ali Bongo et moi n’avons jamais été et ne sommes ni amis, ni copains. J’aime le football ; je suis un fervent supporter des Panthères, mais Ali Bongo et moi n’irons jamais ensemble assister à un match de notre équipe nationale.
Cette conférence de presse n’a pas non plus été organisée pour que pour la énième fois je me justifie sur les raisons de mon retrait de la présidentielle de 2009.

Tous les Gabonais savent désormais que l’établissement par la force d’Ali Bongo au pouvoir avait été savamment orchestrée au-delà et en dehors de notre pays.
J’ai choisi en responsabilité de retirer ma candidature pour éviter à mon pays un bain de sang qui n’aurait rien changé à la situation. Mais 2016 n’est pas 2009. Et, 2016 ne sera pas 2009.
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Lors du Congrès extraordinaire du 05 juin 2016, les militants de l’Union Nationale ont élu leur candidat à bulletins secrets, en direct à la télévision, dans un scrutin pluraliste.

A mon humble avis, cet évènement fera date, probablement école et marquera l’histoire politique de notre pays.
J’avoue avoir été surpris par le relatif silence de la presse à ce sujet. Nous gagnerions tous à parler de temps en temps des trains qui, contre toute attente, arrivent à l’heure.
Je voudrais ici, devant vous, rendre de nouveau hommage aux militants de l’Union Nationale qui ont ainsi envoyé un message au peuple du changement et à l’ensemble des Gabonaises et Gabonais.
Je l’ai dit lors de mon discours de candidature, le Gabon, notre pays, ne se trouve pas dans une situation normale. Nous ne sommes pas en situation normale. La prochaine élection présidentielle ne se présente pas de manière normale.
Je ne peux admettre que la prochaine élection présidentielle soit l’occasion pour l’imposteur de renouveler l’imposture.
Nous ne devons pas le permettre. Nous devons l’empêcher. Tous ensemble, les Gabonaises et les Gabonais, doivent l’empêcher. C’est cela l’urgence.

Mais, quel est le contexte de cette élection présidentielle ?

A la faveur de cette élection présidentielle, Monsieur Ali Bongo, non content d’avoir succédé à Omar Bongo Ondimba par la force et avec la complicité de toutes les institutions, se propose de remettre ça, en dépit des doutes manifestes sur son éligibilité.

La prochaine présidentielle n’aura donc pas pour seul objectif la désignation d’un Président de la République. Elle déterminera l’avenir de notre pays pour les 20-30 prochaines années. Elle nous permettra d’accepter ou refuser la transformation de notre République en monarchie. Elle doit nous permettre de tourner la page et offrir des perspectives nouvelles à notre pays.

La prochaine élection présidentielle sera donc déterminante pour le devenir du Gabon, notre pays. Elle doit aussi sonner la fin du sectarisme, du tribalisme, du non-respect de la loi, de la corruption et de la prédation des ressources au profit d’une famille et d’un clan.

Les sept dernières années nous ont montré comment un clan, un système peut se refaire, se régénérer. Nous avons tous assisté au dévoiement de l’appareil d’Etat, à la liquidation de la République et au bradage de la Nation.
Nous avons vu l’administration centrale, la magistrature, les forces de défense et de sécurité ainsi que le Parlement prendre fait et cause pour un parti, une famille et finalement un homme et ses amis, j'allais dire ses copains.
Nous avons surpris des fonctionnaires, des magistrats, des militaires, des parlementaires s’affranchir de leurs missions respectives, refuser de défendre la chose publique, le bien commun, l’intérêt général pour protéger des intérêts personnels, pourtant pas toujours les leurs.

Malgré cela, nous devons garder la foi. Nous devons continuer d’espérer. Nous devons continuer de croire que nous avons une communauté de destin, que le Gabon est notre patrimoine commun, notre héritage à tous.
Aux fonctionnaires, nous disons qu’il est temps de ne faire que leur travail, de ne plus exécuter les ordres qu’ils savent contraires à la loi et à l’intérêt général.

Aux magistrats, nous demandons l’égalité de traitement de tous les citoyens et la clarification de la situation administrative d’Ali Bongo.
Aux militaires, nous disons : vous êtes des Gabonais ; votre mission n’est pas de terroriser la population pour protéger des intérêts égoïstes.

Aux parlementaires, nous rappelons que l’heure est venue d’en finir avec la connivence, qu’il est temps de contrôler et sanctionner le Gouvernement.
C’est pourquoi l’Union Nationale a investi un candidat.
Je suis candidat parce que la République et la Nation sont en danger. Le Gabon est un État ; il ne doit pas devenir un butin. Le Gabon est une République. Nous devons le réaffirmer. Le Gabon se veut une nation. Nous devons donner un coup d’arrêt au processus de destruction de l’idéal national.

Nous devons construire la pleine et entière citoyenneté au bénéfice de tous et chacun. La période qui s’ouvre doit être le moment de ressouder notre nation pour redonner confiance en l’État et construire une République moderne.
Ainsi que je l’ai annoncé lors du Congrès extraordinaire de notre parti, dès le lendemain de mon investiture, j’ai entrepris de consulter les principaux responsables de l’opposition, notamment le Front et l’USP.
J’ai saisi par écrit chacun des candidats déclarés à la prochaine élection présidentielle, afin que nous nous retrouvions.
Au cours de cette rencontre avec les autres candidats, je leur proposerai un ensemble d’actions communes devant rendre impossible la candidature d’Ali Bongo. Il s’agit concrètement de :

Demander des audiences auprès des principaux Chefs d’États amis du Gabon, ainsi qu’à de Hauts responsables d’organisations internationales, pour leur restituer la vérité et leur indiquer que la libération du Gabon passe par le respect de sa Constitution.

Aller rencontrer la Cour Constitutionnelle et le Bureau de la Cénap afin de rappeler à ces deux Institutions, leur responsabilité historique et les mettre en garde contre la tentation de laisser prospérer l’imposture dans notre pays en validant une candidature à l’élection présidentielle en violation de l’article 10 de notre Constitution.
Constituer une équipe de juristes et d’avocats pour préparer ce contentieux pré-électoral qui s’annonce et qui devra aboutir au rejet de la candidature d’Ali Bongo sur le fondement de l’absence de clarification de sa situation administrative et de l’article 10 de la Constitution.
Nous présenter ensemble devant nos compatriotes, au cours d’un grand meeting patriotique, pour dire notre détermination à libérer le Gabon.
* *
Mesdames et Messieurs les journalistes,

Ainsi que je l’ai dit dans mon discours d’acceptation le 05 juin dernier, tant de choses ont été dites et écrites sur la situation administrative d’Ali Bongo. Comme moi, vous avez dû lire les livres et les articles de presse publiés à ce sujet.
Comme moi, vous avez dû entendre les témoignages confus des uns et des autres sur cette question.
Comme moi, vous avez dû noter que depuis sept ans maintenant, cette question empoisonne le climat politique de notre pays, sans que l’intéressé lui-même n’ait le courage de s’adresser à vous, de parler au peuple gabonais pour tirer cette situation au clair. Comme vous, comme tous les Gabonais, j’en conclus qu’il est mal à l’aise avec cette question et qu’il a quelque chose à cacher. Monsieur Ali Bongo Ondimba, qui a prêté serment sur la Constitution le 16 octobre 2009 pour être le Chef de l’État Gabonais ne peut déléguer à d’autres que lui la claire explication sur cette question.

C’est pourquoi, je renouvelle solennellement l’exigence que Monsieur Ali Bongo Ondimba s’explique clairement et directement sur sa situation administrative, devant le peuple Gabonais, en s’adressant personnellement aux deux chambres du Parlement réuni en Congrès, ainsi que le prévoit l’article 24 de la Constitution. Oui, je mets Ali Bongo au défi de dire lui-même aux députés et sénateurs qui il est, d’où il vient, d’où sortent tous ces actes de naissance publiés çà et là et s’il croit au fond de lui-même remplir les conditions constitutionnelles pour briguer la présidence de la République. Je le mets au défi de le faire, de le dire et d’en tirer ensuite toutes les conséquences. Ali Bongo doit dire la vérité aux Gabonais sur sa situation administrative ou renoncer à se porter de nouveau candidat à la présidence de la République. C’est une question de bon sens. C’est une question de principe. C’est une question d’Honneur.
* *
Mesdames et messieurs les journalistes

Tous ceux qui vivent au Gabon savent que la présidentielle à venir revêt une portée historique. Ils savent que le peuple gabonais a soif de changement. Certains mesurent même son niveau de désespérance. Nous devons passer à autre chose. Nous devons définitivement tourner la page. Oui, il est temps de tourner la page.
Sous l’impulsion du président de notre parti, Monsieur Zacharie Myboto, avec mes compagnons de l’Union Nationale, nos alliés de l’opposition et l’ensemble des forces du changement, inlassablement nous avons proposé, durant les sept années qui viennent de s’écouler, un ensemble de réformes politiques et institutionnelles à même de redonner confiance dans l’État. Systématiquement, ces propositions ont été rejetées par ce pouvoir qui n’avait d’autre objectif que la jouissance et la satisfaction des intérêts immédiats de ceux qui l’incarnent.

En février 2010, aux côtés d’autres personnalités dont André Mba Obame, Pierre-Claver Zeng Ebome et Pierre-André Kombila, j’ai contribué à la rédaction d’un mémorandum sur la situation politique au Gabon à l’adresse du président de la République française d’alors, Monsieur Nicolas Sarkozy.
En juillet 2010, cette fois à l’adresse du secrétaire général des Nations-unies, Monsieur Ban-ki-Moon, j’ai participé au même exercice.

En février 2011, j’ai soutenu le mémorandum de la société civile sur la situation socio-politique du Gabon.
Nous pouvons affirmer, par conséquent, que les priorités politiques et institutionnelles sont connues.
Par mon implication dans la réflexion visant à y remédier, j’en mesure l’esprit et la lettre, et je suis outillé pour les développer, aller au fond des choses et conduire les réformes nécessaires. Très bientôt, je communiquerai avec précision sur la question.

Monsieur le président de l’Union nationale, Distingués invités, Chers amis,

Pour le moment, l’urgence c’est de réunir toutes les forces politiques de ce pays sur ce qui est essentiel : mettre fin à l’imposture ; obtenir la disqualification de la candidature d’Ali Bongo.
Nous devons nous montrer dignes du sacrifice des victimes des massacres de Port-Gentil en 2009. Je voudrais dire à leurs familles qu’ils ne sont pas morts pour rien, que les responsables de ces tueries en répondront tôt ou tard.
Nous devons nous montrer digne de la mémoire de nos très regretté Pierre-Claver Zeng Ebome et André Mba Obame. Nous devons nous montrer dignes de Daniel Kombe Lekambo, Marie Mendome, Mboulou Beka et tous ceux qui sont morts au nom de la liberté, pour débarrasser notre pays de l’imposture et de l’amateurisme.

Nous devons enfin nous montrer dignes de tous ceux qui ont été blessés ou meurtris dans leur chair ainsi que toutes celles et tous ceux qui font les frais d'un régime autoritaire et vindicatif qui prive de leur emploi de nombreux gabonais à cause de leurs choix politiques.
Pour eux, pour notre pays, pour les générations futures, nous avons le devoir de continuer le combat pour lequel ils sont morts ou ont été blessés.

Il nous faut en finir avec ce pouvoir exclusif, familial et personnel. Le Gabon doit entamer sa marche en avant. Son histoire doit s’écrire. Les Gabonais l’écriront à l’encre de leurs sacrifices et au prix de leur engagement.
D’autres peuples l’ont fait et l’ont réussi. Parfois au prix du sang. Toujours ils ont été salués de par le monde. Les Gabonais aussi peuvent le faire. Nous devons le faire. Nous allons le faire.

Nous n’avons de haine à l’endroit de personne. Nous ne voulons nuire à personne.
Je suis candidat pour mener ce combat avec les Gabonaises et les Gabonais. Je suis candidat, non pas pour moi, mais pour le Gabon. Je suis Candidat parce que nous continuons le combat commencé avec André Mba Obame, Pierre-Claver Zeng Ebome, et tous les autres. Je suis candidat pour que le Gabon appartienne enfin à tous ses enfants. Je suis candidat pour un Gabon pour tous. Nous voilà engagés. Nous ne reculerons pas. Avançons. Regardons vers l’avant !

Mesdames et messieurs les journalistes,

Avant de répondre à vos questions, je voudrais m’adresser à vous personnellement.
Il y a trois (3) jours, votre confrère, notre compatriote Alphonse ONGOUO OLOUMANGINI, Directeur de la publication des hebdomadaires l’Aube, La Loupe et Moutouki a été condamné à un (1) an de prison pour délit de presse et d'opinion. Le plaignant n’est autre qu’Ali Bongo, dont le Procureur de la République avait déclaré en son temps qu’il ne pouvait relever de la justice ordinaire. Cela est inacceptable.

Devant cette épreuve à laquelle est soumis notre compatriote et qui engage l’avenir de votre corporation, le peuple gabonais vous observe et attend de vous une réaction ferme.
Personnellement je m’engage à me tenir à vos cotés pour faire échec à cette violation de la liberté de la presse et de la liberté d’expression dans notre pays.

À Alphonse ONGOUO OLOUMANGINI, je voudrais lui dire qu’il a tout mon soutien ainsi que celui de l’Union Nationale.

Vive la démocratie
Vive l’Union nationale
Que Dieu bénisse le Gabon
Je vous remercie.

Dimanche 12 Juin 2016
Gabonlibre.com : News 7J/7
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14 Commentaires - 26/06/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7
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