Trois pays dont le Cameroun, le Togo et le Gabon viennent de donner leur autorisation à ce projet. Les nouveaux accords de défense entre la France et les huit pays africains mettent l'accent sur la réalisation d'un système africain de sécurité collective voulu par l’Union Africaine et encouragé par l’Union Européenne. D’une manière générale, les accords de défense sont des écrits de coopération qui prévoient des dispositifs de sensibilisation, de consultation et une éventuelle intervention en cas de menaces ou d’attaques contre l’Etat partenaire. L’annonce qui a été faite hier mercredi 10 mars à Paris, pourra concerner prochainement la République Centrafricaine et la Côte-d'Ivoire.
Des accords antérieurs
Historiquement, la France a toujours eu des accords de défense avec un certain nombre de pays africains. Les textes existants prévoient l’intervention éventuelle des forces armées françaises en cas de menace grave ou d’agression, et pouvant contenir des clauses relatives à la possibilité d’intervention en vue du maintien de l’ordre intérieur. Depuis 2008, cela a changé et désormais la France privilégie les accords bilatéraux. Avec le Cameroun concrètement, il s’agit d’abroger l’Accord spécial de défense entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République unie du Cameroun, signé à Yaoundé le 21 février 1974 dont le secret est resté bien gardé.
Les récents accords dit de «nouvelle génération» disposent, en ce qui concerne le Cameroun, qu’il n’est plus question d’intervention militaire à l’intérieur du pays. Le texte se contente d’envisager le partage d’informations, l’organisation d’exercices militaires communs, et le soutien aux organismes de formation. Le tout dans une optique de renforcement des capacités africaines de maintien de la paix La France entend ainsi sortir d'une relation paternaliste pour entrer dans un partenariat stratégique. Pour rappel, la révision des accords de défense liant la France à certaines de ses ex-colonies est l'un des leitmotiv de la nouvelle politique africaine de la France, détaillée en février 2008 au Cap par le président Nicolas Sarkozy.