La belle diva de la musique africaine n’a laissé personne indifférent le 6 mars dernier à Charleroi. Dans une salle des expositions pleine à craquer, profitant de la célébration de la femme, Grâce Decca a offert une demi-heure de spectacle exceptionnelle.Le protocole avait beau fait de prier l’assistance de ranger cameras et appareils photos avant la montée de Grâce Decca sur scène ; aucun spectateur n’a respecté la consigne qui visait à « protéger le droit à l’image de l’artiste ».
Les centaines de fêtards se sont en effet rués au pied du podium afin de s’arracher les images de Grâce Decca. Les plus chanceux ont passé le filtre de la sécurité afin d’exécuter quelques pas avec la ravissante musicienne. Pouvait-il en être autrement quand on sait que la femme double ‘’meilleur album féminin’’ 1993 et 1999 nourrit une communion fusionnelle avec son public depuis toujours?
Voix perçante, jeu de rein fluide, sourire accrocheur, il n’en fallait pas plus à Grâce Decca pour pousser les spectateurs à l’hystérie. « Grâce decca, je t’aime » pouvait-on entendre en permanence dans l’immense salle de l’avenue de l’Europe.
Des jeunes artistes féminines du rythme Makossa ont émergé et continuent d’émerger au Cameroun mais, Grâce Decca garde toujours le sommet. L’une des sœurs de Ben Decca n’a en tout cas pas perdu le leadership, du moins si l’on en juge par l’attention du public venu nombreux la célébrer dans la cité Carolo.
La diva reste donc adulée. La musique de Grâce Decca traverse et résistent aux générations. Le 6 mars 2010, Grâce Decca a quitté son public avec un cri qui retentit encore dans la mémoire des privilégiés qui avaient effectué le déplacement. « Donnes-moi un peu d’amour. Tu sais que j’aime l’amour […] Je vous aime. C’est vous qui faites ma force » lançait-elle avant de se diriger vers les vestiaires d’un pas majestueux. Une véritable leçon d’humilité de la part de celle qui se consacrera enfin à une interminable séance photos.
L’artiste camerounaise se produisait pour la 1ère fois de sa longue et riche carrière dans la cité de Charleroi. C’était à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme. Grâce Decca répondait ainsi favorablement à l’invitation du Collectif des femmes africaines du Hainaut (CFAH), une asbl dirigée par la camerounaise Annette Ntignoi. Bonne fête à toutes les femmes de la terre.