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« Au Gabon, la franc-maçonnerie est presque une religion » Ali Bongo le grand maître !

Le site de la Liberté - source : lemonde.fr le Dimanche 1 Novembre 2015 à 16:16 | Lu 3621 fois

On ne peut pas réussir en politique, obtenir un poste dans l’administration publique ou faire des affaires sans en être membre ou être pistonné par un franc-maçon. »



La vidéo avait fait sensation. Diffusée sur Internet en 2010, plus d’un an après la mort d’Omar Bongo Ondimba, elle montrait son fils Ali, le tout nouveau président de la République, intronisé grand maître de la loge nationale du Gabon. Un sujet tabou, qui nourrit quantité de fantasmes dans ce pays d’Afrique centrale, « tant la franc-maçonnerie est associée à la sorcellerie », explique Janis Otsiemi. Dans son dernier ouvrage, Les Voleurs de sexe, l’écrivain s’est inspiré de l’épisode.

Une folle rumeur, raconte le polar, s’est emparée de Libreville : « Prenez garde messieurs ! Des voleurs à la conquête de vos bijoux de famille sévissent ! » Trois jeunes gens découvrent alors de curieuses photos. Y apparaissent des rosettes, un collier avec un pendentif serti d’un compas, un tablier : une réunion maçonnique pendant laquelle un homme prête allégeance. Il a « les cheveux gominés, le visage gras, la petite taille… ». Les autorités cherchent à tout prix à récupérer ces clichés compromettants de « Papa Roméo, alias le Grand Emergent ».

Examiner la société gabonaise

Janis Otsiemi parvient à maintenir cette tension tout au long des Voleurs de sexe, un livre social dans lequel suintent les maux qui gangrènent le continent : sorcellerie, corruption, captation des richesses, pauvreté généralisée, chômage… « Au Gabon, explique l’auteur, la franc-maçonnerie est presque une religion. On ne peut pas réussir en politique, obtenir un poste dans l’administration publique ou faire des affaires sans en être membre ou être pistonné par un franc-maçon. »

Depuis La vie est un sale boulot (Jigal, 2010), l’écrivain, qui travaille aux ressources humaines dans une compagnie d’aviation d’affaires à Libreville, touche à la politique sans en avoir l’air. Il confectionne des romans noirs, aux intrigues multiples, pour examiner la société gabonaise. L’enfant de Franceville, fils d’un ouvrier et d’une vendeuse de manioc, construit habilement, non sans humour, « une littérature de l’interlope, qui explore les bas-fonds de Libreville avec ses paradis artificiels, ses filles faciles, ses voyous… ».

« Je suis un écrivain corrosif, cabotin, oui, libertin aussi. Mais surtout révolté. Le Gabon est sans nul doute l’un des pays où son personnel politique ne s’est pas renouvelé depuis plus d’une trentaine d’années. Ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir et dans l’opposition sont tous des produits du défunt président Omar Bongo Ondimba. Et cette élite n’est pas un modèle, loin s’en faut ! Ce qui se jouera, lors de la prochaine élection présidentielle en 2016, entre Ali Bongo et ses anciens amis qui ont rejoint l’opposition, n’est rien d’autre qu’une guerre de succession qui n’a pas trouvé son épilogue en 2009. »

Autocensure

A 39 ans, l’auteur ne mâche pas ses mots, même s’il sait qu’il « ne peut pas écrire sur tout ». « La liberté d’expression est un leurre car l’autocensure est certainement la chose la mieux partagée au Gabon. » Mais l’écrivain a fait de cette contrainte un outil de création littéraire. « Il m’arrive de m’autocensurer, c’est-à-dire de m’autoriser des prudences, pour éviter de m’attirer des ennuis. Ce qui m’oblige à utiliser des euphémismes, à créer un langage, à contorsionner la langue à la limite de l’hermétisme pour échapper à cette autocensure », explique-t-il.


L’autodidacte (il a arrêté sa scolarité en troisième), qui s’est formé en lisant Charlie Hebdo et Le Canard enchaîné, en recopiant des chapitres entiers des romans de Victor Hugo ou de Balzac, des poèmes de Baudelaire et de Lamartine, et en « lisant le dictionnaire chaque jour comme on lit un roman », a su créer une écriture savoureuse, truffée de « gabonismes » dessinant un « français coupé-cloué étincelant par ses tournures ». Résultat : les rues « camembèrent comme un œuf pourri », les « longues bouches » médisent, les tchatcheurs « verbent » les filles… Une écriture inventive et une poésie urbaine qui séduisent en Europe, où il est publié et régulièrement invité.

« Je n’utilise pas cette langue dans mes romans pour faire “couleur locale” ou exotique. Mais c’est celle de mon quotidien. Ecrire reste toujours une réflexion sur la langue. Tordre le français, c’est ma manière de me l’approprier », observe celui qui parle le teke (langue du sud-ouest du Gabon), comme avant lui un certain Omar Bongo.


Dimanche 1 Novembre 2015
source : lemonde.fr
Vu (s) 3621 fois



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