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Au Gabon, des malades mentaux "traités comme des sous-hommes"

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Mercredi 13 Mai 2015 à 18:12 | Lu 881 fois



Des malades mentaux livrés à eux-mêmes dans des bâtiments délabrés… Telle est la situation du Centre national de santé mentale de Mélen (CNSM), en périphérie de Libreville, où s’est rendu notre Observateur. "Choqué" par le mauvais état de l’unique établissement psychiatrique du Gabon, il a décidé de filmer.

Les problèmes rencontrés par le CNSM, créé en 1982, ne sont pas nouveaux. Ils ont toutefois empiré depuis le déclenchement d’une grève par le personnel de l’établissement en janvier 2014, visant notamment à réclamer davantage de moyens humains et financiers. Selon l’Organisation mondiale de la santé, moins de 1 % du budget total alloué à la santé est consacré à la santé mentale au Gabon.


"Les malades mentaux ne reçoivent plus de médicaments depuis plus d’un an"
Christian Alex Nkombengnondo, entrepreneur gabonais, vit aux États-Unis depuis 2010. Il y a quelques mois, il a lancé le mouvement "Pour un Gabon fort" afin d'encourager les gens à s’exprimer sur ce qu’il se passe dans le pays. Le 9 mai dernier, il a filmé le CNSM de Mélem pendant plus de vingt minutes.



J’ai déambulé dans l’enceinte du centre pendant presqu’une heure, mais je n’ai croisé aucun personnel médical et j’ai vu seulement cinq ou six patients. J’ai discuté avec l’un d’entre eux, qui s’exprimait de façon tout à fait cohérente. Les autres étaient sortis du centre, donc presque toutes les chambres étaient inoccupées. Il n’y avait pas de matelas dans certaines d'entre elles. J’ai aussi vu quelques baguettes de pain sur une table, sans rien d’autre. Plus généralement, les 22 pavillons du centre sont vraiment en très mauvais état.


"Tout le monde peut entrer et sortir librement de l’hôpital, ce qui est dangereux à la fois pour les personnes ‘lambda’ et les patients"


Comme le personnel est en grève, les patients ne reçoivent plus de médicaments ou d’injections depuis plus d’un an. Par ailleurs, il n’y a plus de contrôle à l’entrée, ce qui signifie que tout le monde peut entrer et sortir librement du centre. Les malades mentaux, dont certains peuvent être dangereux, se promènent donc dans les rues de Libreville. Et les femmes malades peuvent être abusées.

Les gens sont habitués à les voir donc ils n’en ont pas peur, bien que certains changent parfois de trottoir pour les éviter. On voit souvent les malades faire les poubelles ou manger ce que les gens leur jettent dans les cafétérias.


"Les gens faibles ne sont vraiment pas la priorité du gouvernement"


Cette situation est vraiment anormale. Le Gabon est un pays riche, avec du pétrole. Mais l’argent est mal utilisé. Les gens faibles – comme les malades mentaux – ne sont vraiment pas la priorité du gouvernement. Ils sont complètement abandonnés et considérés comme des sous-hommes. Les autorités pensent qu’ils ne se rendent compte de rien, et qu’ils ne se plaindront donc pas. ..

Lundi, j’ai lancé une campagne sur la page Facebook du mouvement "Pour un Gabon fort", en demandant aux gens d’envoyer des photos de malades mentaux à Libreville, afin de sensibiliser les Gabonais sur ce sujet et de faire réagir le gouvernement, mais je ne suis pas certain que ça fasse bouger les choses…

Contacté par France 24, Frédéric Mbungu Mabiala, le directeur du Programme national de santé mentale au sein du ministère de la Santé gabonais, a reconnu que les problèmes du CNSM existaient depuis des années. "Un plan stratégique de santé mentale a été élaboré en 2013, prévoyant notamment de construire un autre centre psychiatrique à Libreville, qui pourrait permettre de prendre en charge les malades errant dans les rues. Mais on attend encore les financements pour pouvoir le mettre en œuvre", a-t-il ajouté.


"Les patients ne sont pas diagnostiqués correctement quand ils arrivent au centre"
Godefroy Mayombo est psychologue au CNSM de Mélen. En grève depuis janvier 2014, il revient sur les conséquences du mouvement social pour les patients.

On s’est mis en grève car la situation était devenue vraiment catastrophique pour les patients. Comme on manquait de tout pour les soigner, on ne faisait plus que du gardiennage. Notre mouvement ne change finalement pas grand-chose pour eux : ils reçoivent toujours à manger, et on continue de venir au centre plusieurs heures par jour, pour ne pas les abandonner totalement. Mais on ne les soigne ni plus ni moins qu’avant, sauf s’il y a des cas vraiment extrêmes…

Lorsque des patients arrivent au centre, leurs problèmes ne peuvent pas être diagnostiqués correctement car ils sont accueillis par des infirmiers en psychiatrie, et non par des psychiatres. Par ailleurs, on n’a pas d’encéphalogramme, donc on ne peut pas réaliser d’examens neurologiques. Outre les pathologies relevant de la santé mentale, la moitié des patients qui arrivent ici ont également d’autres problèmes de santé. Beaucoup sont atteints du sida par exemple, mais ils ne sont pas forcément détectés, faute d’examens médicaux.


"Il existe trois psychiatres au Gabon"

Trois psychiatres travaillent au CNSM : ce sont les seuls du pays. [Frédéric Mbungu Mabiala, directeur du Programme national de santé mentale et également psychiatre, a précisé à France 24 qu’il se rendait également au centre deux fois par semaine, afin de renforcer l’équipe, NDLR.] Il y a également cinq ou six psychologues, une trentaine d’infirmiers psychiatriques et quelques assistantes sociales, pour une centaine de patients enregistrés. C’est peu…

Depuis le début de la grève, les autorités nous ont donné un bus pour faciliter les déplacements. [Le CNSM est situé à 11 kilomètres du centre de Libreville, NDLR.] Mais en dehors de ça, on n’a rien obtenu de plus que des promesses de médicaments et de nourriture notamment.


Un cadre juridique obsolète

Il existe très peu de textes dans le domaine de la santé mentale. La première loi a été adoptée en 1962, dans un contexte postcolonial. Elle est donc dépassée, et depuis, il n’y a eu aucun texte.

Une proposition de loi est actuellement à l’étude. Elle est portée par le député et docteur Gabriel Malonga et clarifie le statut des malades ou encore leur prise en charge. Elle devrait être adoptée prochainement, donc c’est déjà un premier pas… Mais elle reste très générale. Par exemple, elle n’aborde pas la question de la précarité des patients. Pourtant, plus de 80 % d’entre eux au CNSM n'ont pas les moyens de payer la partie des soins qui n'est pas prise en charge par l’État gabonais. Donc ils ne peuvent pas être soignés correctement...

Cet article a été écrit en collaboration avec Chloé Lauvergnier (@clauvergnier), journaliste à France 24.

Mercredi 13 Mai 2015
Gabonlibre.com : News 7J/7
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