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Alphonse Louma Eyougha : « Deux ans après l’arrivée d’Ali Bongo au pouvoir, c’est à un formidable bond en arrière qu’on a assisté sur le plan des libertés démocratiques. »

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Samedi 24 Décembre 2011 à 09:27 | Lu 1277 fois

Docteur en pharmacie, Alphonse Louma Eyougha est surtout connu du grand public comme le fondateur de l’ONG « Agir pour le Gabon » qui lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme et la toxicomanie. Ce que l’on sait moins, c’est que ce natif d’Okondja est un acteur politique chevronné : alors qu’il était encore étudiant au Sénégal, il avait créé un parti politique clandestin dans les années 80. Rentré au Gabon quelques mois avant la Conférence nationale, il a milité pendant de nombreuses années au PGP dont il fut un temps Vice-président.
Nous lui avons demandé de s’exprimer sur les deux années de règne d’ABO



Alphonse Louma Eyougha : « Deux ans après l’arrivée d’Ali Bongo au pouvoir, c’est à un formidable bond en arrière qu’on a assisté sur le plan des libertés démocratiques. »
Quel bilan, deux ans après ?

A.L.E. : Je vais essayer d’être le plus objectif possible. M. Ali Ben Bongo étant arrivé au pouvoir dans des conditions non démocratiques, je me suis dit que je jugerai le maçon au pied du mur. L’histoire de l’humanité donne des exemples de chefs d’Etat qui se sont, à la pratique du pouvoir, révélés être de grands chefs, des démocrates bien qu’arrivés au pouvoir à la suite de coups d’Etat. Le Ghanéen Jerry Rawlings et le Burkinabè Thomas Sankara ont fait rêver des millions de jeunes africains pour l’espérance qu’ils leur offraient.

M. Ali Ben Bongo arrive au pouvoir, à la suite d’un coup d’Etat électoral, avec un catalogue de promesses plus mirobolantes les unes que les autres : 5000 logements par an, augmentation du smig à 150.000 francs par mois, moralisation de la vie publique ; etc. Deux ans après, rien de tout cela ne s’est réalisé. Pire, il n’y a même pas l’ombre d’un début de commencement d’exécution. Deux ans après l’arrivée d’Ali au pouvoir, c’est plutôt à un formidable bond en arrière qu’on a assisté sur le plan des libertés démocratiques. L’exemple le plus patent est la dissolution, sous de fallacieux prétextes, de l’Union Nationale, le plus grand parti de l’opposition, le seul à avoir la capacité de tenir la dragée haute au PDG. En 2011, un tel comportement est tout simplement pathétique et cela ne grandit pas notre pays.

En Angola, le gouvernement MPLA n’a jamais dissous le parti de Jonas Savimbi, l’Unita, malgré la guerre civile qui a secoué ce pays pendant de longues années. Idem pour le Congo Brazzaville où les partisans de Lissouba, Sassou et Kolélas se sont affrontés à l’arme lourde pendant plusieurs mois, en 1997 : ni l’UPADS de Lissouba, ni le PCT de Sassou, ni le MCDDI de Kolélas n’ont été frappés de dissolution, les seuls à avoir été condamnés par la justice congolaise, ce sont des responsables politiques accusés d’avoir provoqué la mort de milliers de Congolais.

Il y a quelques mois, en Côte d’ivoire, la guerre civile a fait plus de 3000 morts. Les principaux dirigeants du Front populaire ivoirien (FPI) se trouvent aujourd’hui en prison, en résidence surveillée ou en exil à l’étranger. Cependant, le FPI reste un parti légal.
Au Gabon de M. Ali Ben, quand vous ne chantez pas ses louanges, celles de son régime ou de son « Emergence », on vous diabolise. Allez donc demander à M. Jean de Dieu Ndoutoume-Eyi quel crime de lèse-majesté a-t-il commis pour que M. Ali Ben le démette de son poste de Conseiller du PDG de Gabon Postes.

M. Ndoutoum-Eyi est l’un de nos meilleurs journalistes. Il est le Directeur de publication du journal EZOMBOLO. Parce que ce journal a une ligne éditoriale qui ne plait pas, on se dit qu’affamer son patron le fera plier. C’est une véritable honte !
M. Ali Ben et son parti s’apprêtent à aller aux élections législatives, seuls, sans une opposition crédible. En réalité, le PDG sait qu’il ne peut pas gagner une seule élection qui s’organiserait dans la transparence.

Le PDG est minoritaire dans le pays. N’oublions pas qu’il y a deux ans Ali Ben n’avait officiellement été « élu » qu’avec 42% des voix. Il était arrivé deuxième ou troisième dans sept provinces sur les neuf que compte notre pays. C’est ce déficit de popularité qui pousse le PDG à freiner des quatre fers pour refuser l’introduction de la biométrie et de tout ce qui peut concourir à une véritable transparence électorale.

De toutes les façons, le système PDG a, depuis longtemps, fait la preuve de son incapacité structurelle à développer le Gabon. Il suffit, pour s’en convaincre, de relire le discours d’Omar Bongo lui-même, fondateur du PDG, prononcé le 1/12/2007. C’est ahurissant, un véritable réquisitoire sans complaisance et, surtout, un incroyable dépôt de bilan.

La réalité politique de notre pays est simple : une petite bande de copains et coquins s’accrochent par tous les moyens au pouvoir pour ne pas avoir à rendre des comptes sur les crimes de toutes natures qu’ils ont commis. Quand Ali Ben Bongo et le PDG modifient scandaleusement et unilatéralement la constitution de la République et le code électoral, c’est dans l’unique dessein de s’éterniser au pouvoir. L’instrumentalisation de la Justice participe de la même logique : faire la chasse aux opposants pour repousser toute possibilité d’alternance démocratique.

M. André Mba Obame a vu son immunité parlementaire levée et se trouve sous la menace d’être traduit devant les tribunaux, simplement parce que, par son charisme, il fait peur au pouvoir.

Les deux ans d’Ali Ben ont produit quoi de positif ? Je réfléchis. Je ferme les yeux. Je cherche à voir, même avec complaisance, ce que je peux relever pour ne pas lui gâcher son anniversaire. Désolé, je ne trouve rien de positif qui mérite de retenir l’attention du Gabonais que je suis, ni des historiens, d‘ailleurs : Libreville est de plus en plus sale, une vraie poubelle à ciel ouvert. Idem pour les autres villes du pays. Et pourtant, c’est plusieurs milliards que la Mairie de Libreville verse chaque année à SOVOG pour faire le travail ! Tenez, à qui appartient SOVOG ?

Sur le plan social, en deux ans et trois rentrées scolaires, pas une seule salle de classe n’a été construite. Je ne parle même pas de la construction d’une école, un collège ou un lycée mais d’une simple salle de classe ! Zéro ! Les seuls domaines dans lesquels le ministre de l’Education nationale s’illustre, c’est la confiscation des libertés syndicales et le tribalisme anti Fang. On dirait que c’est le projet politique du PDG.

Que dire du système sanitaire ? Allez au CHL voir comment les femmes accouchent à même le sol. Pendant ce temps, on lit dans la presse que M. Ali Ben et ses amis s’achètent des grosses cylindrées à coup de milliards, sans parler de la frénésie des voyages.
Pour « amuser » les Gabonais, Ali Ben et son gouvernement organisent des conseils de ministres dans les provinces. Pour quels résultats ? Combien ça coûte ? L’argent dépensé à ces occasions n’aurait-il pas pu servir à améliorer les conditions de vie de nos concitoyens ?

Au niveau des institutions, c’est la honte. Prenez le seul cas de la Cour constitutionnelle. La présidente à vie de cette institution ne se cache pas pour faire louer son immeuble de la Sablière à la Cour constitutionnelle. La même présidente est citée dans d’autres affaires qui ne l’honorent pas et qui couvrent d’opprobre notre pays à l’étranger. C’est à croire que pour ces gens-là, le Gabon n’est qu’un gâteau dont ils se sont partagé des parts. On dirait que l’image du Gabon, à l’intérieur comme à l’extérieur, est le cadet de leurs soucis.

Un autre exemple : Ali Ben a confié la direction de son cabinet à un Béninois, M. Acrombessi, pour ne pas le citer, après avoir successivement limogé deux compatriotes. Personne n’a rien dit. Par lâcheté, par vénalité et par opportunisme, les Pédégistes se taisent et se contentent de dénoncer cet affront en murmurant dans les quartiers. Demain, chacun devra rendre des comptes ! On n’a pas le droit de spolier et d’humilier un peuple de cette façon.
En deux ans de règne, M. Ali Ben a renforcé la mainmise du pouvoir sur les médias publics qui sont réduits à relayer le culte de sa personne.

Oh !, c’est vrai, il y a les trois passerelles des carrefours Charbonnages, Nzeng Ayong et IAI qu’on appelle pompeusement « échangeurs » et qui peinent à sortir de terre. Il y a la zone économique de NKOK qu’on a inauguré à coup de milliards et qui n’est encore qu’un immense chantier. Dans tous les cas, ce ne sont que des travaux en cours, pas des réalisations. La nuance est importante.

Si je devais parler de la mise en place de la journée continue ou de l’arrêt de l’exportation de bois en grumes, je dirais que ça aurait pu être de bonnes décisions si elles n’avaient pas été prises dans la précipitation et l’amateurisme qui caractérisent ce régime. La journée continue provoque de nombreux dysfonctionnements dans les administrations et les sociétés privées, tandis que l’arrêt brutal de l’exportation du bois a totalement désorganisé la filière et mis au chômage des milliers de Gabonais.
En somme, s’il m’était demandé de donner une note pour juger les deux ans de pouvoir de M. Ali Ben Bongo, ce serait cinq sur vingt. Il y a eu beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

Et maintenant ?

A.L.E. : Peut-être que M. Ali pense que le temps joue en sa faveur et qu’avec un peu de chance, s’il réalise des prouesses dans les domaines économique et social, il pourra enfin conquérir les cœurs des Gabonais et combler ce déficit de légitimité qui lui fait terriblement défaut. Voilà, peut-être pourquoi il cherche coûte que coûte à avoir une majorité parlementaire, quitte à l’obtenir par la force ou la ruse.

Mais, je souhaiterais qu’il revisite l’histoire récente de cinq pays africains : la Tunisie, l’Egypte, la Lybie, le Niger et la Côte d’Ivoire. Les chefs d’Etats récemment évincés des trois premiers pays cités, c'est-à-dire Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, avaient réussi tant bien que mal des performances économiques dans leurs pays. Les indicateurs économiques, PNB et PIB, étaient honorables. Ces pays, malgré de nombreuses poches de pauvreté au sein de leurs populations, pouvaient se targuer d’être sur la voie des pays émergents. Cependant, ils ont été chassés comme des malpropres. Quelques mois avant sa chute, Ben Ali avait été « réélu » à la présidence de la République avec un score à la soviétique de plus de 90%. Quant à Moubarak, son parti venait de rafler les 3/4 des sièges au parlement dans des élections comme celle que le gouvernement gabonais s’apprête à organiser, sans transparence aucune. Ils avaient bâillonné les libertés démocratiques, mais cela ne leur a pas sauvé la mise.

Mamadou Tandja du Niger et Laurent Gbagbo de Côte d’ Ivoire ont été victimes de leur jusqu’au-boutisme forcené et du syndrome du plus fort du moment. Et comme toujours dans ces cas-là, certains membres opportunistes et zélés de leurs entourages les ont certainement encouragés à la résistance contre les « jaloux » et les « ennemis » les poussant ainsi à l’aveuglement.

Tout dernièrement, en regardant un clip de Patience Dabany, j’ai eu froid dans le dos. Madame Dabany disait à son président de fils en langue téké, je cite : « Ali, si l’autre te lance un régime de noix de palmes, lance lui un porc-épic, tous deux étant des ‘’animaux’’ à piquants ». J’en ai déduit que cette femme jouait un mauvais rôle aux côtés de son président de fils. Elle veut sans doute réitérer les « exploits » qu’elle réalisait du temps où elle était première dame du Gabon. Mais elle oublie que les temps ont changé et que les Gabonais ne sont plus prêts à accepter n’importe quoi. Patience Dabany manque de discrétion et souhaite peut-être présider le Gabon à la place d’Ali.

Pour conclure…

A.L.E. : Deux ans de pouvoir sur sept, ce n’est pas rien. Jusque-là, je n’ai vu aucune manifestation d’une quelconque volonté politique d’élargir les espaces de libertés démocratiques. Bien au contraire. Ali veut gouverner comme son prédécesseur qui aimait répéter que le chien aboie la caravane passe. Lui, c’est : « laissez- moi avancer ! ».

Ali verrouille tout. Il veut « avancer » avec l’assurance de celui qui a la main mise sur l’appareil sécuritaire et l’appareil judiciaire.
L’opposition peut crier, rouspéter, elle ne comprend rien. Ali et les siens ont la science infuse. Ils ont l’assurance que d’ici peu, sous leur magistère, le Gabon sera un pays émergent, comme le Brésil ou l’Afrique du Sud. Une pure escroquerie politique et intellectuelle !

Moi, je dis simplement que nous avons en partage ce beau pays, évitons les guerres fratricides inutiles.


Samedi 24 Décembre 2011
Gabonlibre.com : News 7J/7
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1.Posté par Ntsonda Le Con le 24/12/2011 22:10 | Alerter
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YA PAS EU ELECTIONS.


PAS DE BIOMETRIE, PAS DE CAN!

2.Posté par Okong Mvele le 25/12/2011 05:23 | Alerter
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PATIENCE KAMA DIT A SON FILS QUE SI LES GABONAIS LUI LANCENT UN REGIME DE PALME ,IL DOIT REAGIR EN LEUR LANCANT UN PORC-EPIC /TOUS ONT DES EPINES-OEIL POUR OEIL DENT POUR DENT/CETTE VIELLE ROMBIERTE ES T CINIQUE/ELLE FAIT DANSER LES GABONAIS AVEC INJURES ET MENACES ELLE A PILLE LES BANK ,LES CAISSES DU TRESOR GABONAIS, MAMA LA CONGOLAISE , KEEP QUIET ON VA TE BRULER VIVE,CONTINUE D'INSULTER LES GABONAIS,ASSIEDS TOI ET VISIONNE L'AVENIR.....

3.Posté par Okong Mvele le 25/12/2011 05:23 | Alerter
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PATIENCE KAMA DIT A SON FILS QUE SI LES GABONAIS LUI LANCENT UN REGIME DE PALME ,IL DOIT REAGIR EN LEUR LANCANT UN PORC-EPIC /TOUS ONT DES EPINES-OEIL POUR OEIL DENT POUR DENT/CETTE VIELLE ROMBIERTE ES T CINIQUE/ELLE FAIT DANSER LES GABONAIS AVEC INJURES ET MENACES ELLE A PILLE LES BANK ,LES CAISSES DU TRESOR GABONAIS, MAMA LA CONGOLAISE , KEEP QUIET ON VA TE BRULER VIVE,CONTINUE D'INSULTER LES GABONAIS,ASSIEDS TOI ET VISIONNE L'AVENIR.....

4.Posté par Maurice le 26/12/2011 18:22 | Alerter
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NOUS PENSONS ET CROYONS QUE LE PAYS EST ENTRE DE BONNE MAIN, BIEN QU'IL EST DE LEGER PROBLEME DEMOCRATIQUE, MAIS IL EST A RAPPELER QUE LE GABON N'EST PAS UN CAS ISOLE ET UNE CHOSE EST SURE C'EST QU'IL Y AURA DES AMELIORATIONS DANS L'AVENIR. VIVE LE PDG !!!

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