News & Infos Utiles...
Gabonlibre.com
Gabonlibre.com
News 7J/7&Infos Utiles...
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Notez

Ali Bongo à Paris, un despote à l'Élysée

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Jeudi 5 Juillet 2012 à 08:12 | Lu 1611 fois



Ali Bongo à Paris, un despote à l'Élysée
« Je ne sais pas si elle [l’élection présidentielle gabonaise] a été truquée mais en tout cas elle n’était pas dans les critères de ce qu’on peut appeler des élections démocratiques, voilà ma réponse », déclarait à Mediapart François Hollande le 13 avril (vidéo ci-dessous). Candidat à l'Elysée, il critiquait l’élection présidentielle gabonaise de 2009, massivement truquée, qui a perpétué la dynastie Bongo, avec la succession d’Ali le fils à Omar le père, mort trois mois plus tôt. Président, il s’apprête à recevoir à l’Elysée le dauphin, pour une visite de travail.


« C’est le président gabonais qui a demandé à rencontrer François Hollande », précise-t-on à l’Elysée. La rencontre a lieu jeudi après-midi. Elle intervient après celle avec le président guinéen Alpha Condé et avant celle, vendredi, avec le nouveau chef de l’Etat sénégalais Macky Sall. Mais ni le président guinéen ni le nouveau chef d’Etat sénégalais ne suscitent l’indignation provoquée par la rencontre avec Ali Bongo, perçue comme le soubresaut d’une Françafrique qui bouge encore.

Pour autant, à l’Elysée, on affirme qu’il n’y a eu aucune réticence à le recevoir. « Je rappelle qu’il y a 15 000 ressortissants français au Gabon, l’une de nos deux implantations militaires pérennes en Afrique (avec Djibouti), une coopération importante entre Libreville et Paris », explique un conseiller de Hollande. D’ailleurs, Ali Bongo a demandé un entretien avec le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, qui le recevra. Il souhaitait également rencontrer le ministre du redressement productif, mais c’est impossible... « uniquement pour des questions d’agenda », répond-on au cabinet d'Arnaud Montebourg.

« La politique intérieure du Gabon peut être aussi l’objet de discussions entre les deux présidents, sachant qu’à l’heure actuelle, l’opposition gabonaise n’a pas sa place à l’Assemblée nationale », plaide un conseiller élyséen. Pas sûr qu’Ali Bongo se laisse sermonner. « Pourquoi devrions-nous recevoir des leçons de démocratie ? Quand est-ce que ça va s’arrêter ces histoires, nous sommes matures en Afrique. La France a continué à travailler avec George Bush quand son élection avait été contestée par Al Gore », fait remarquer, agacé Alain Claude Bilié By Nzé, conseiller d’Ali Bongo, qui entend bien placer la rencontre sur le terrain des partenariats économiques.

Pascal Canfin, le ministre délégué au développement, rencontrera Alpha Condé et Macky Sall en marge de leur rendez-vous élyséen, mais pas Ali Bongo « qui est en visite privée », nous fait-on savoir dans son entourage. « Je comprendrais qu’il ne veuille pas le voir », réagit l’eurodéputé Yannick Jadot, camarade de Canfin à EELV, poursuivi pour diffamation par Ali Bongo pour avoir dit qu’il était un dictateur et relaxé en février par la justice française.

En revanche, c'est Laurent Fabius, en tant que ministre des affaires étrangères, qui sera aux côtés de François Hollande pour recevoir Ali Bongo. Il s’était distingué en février dernier, en pleine campagne présidentielle, par un déplacement à Libreville pour donner une conférence dans le cadre d’un partenariat entre HEC et l’administration gabonaise. Mais il avait aussi été reçu « en audience » par le président gabonais et avait rencontré le premier ministre et le ministre du budget. Fabius avait surtout dit à la télévision nationale : « Nous avons parlé des relations entre le Gabon et la France qui sont des relations excellentes et j'ai dit mon souhait qu'elles se développent dans le futur. » De quoi faire bondir, entre autres, l’association Survie qui avait interpellé le PS et le candidat Hollande sur ce qu’elle voyait comme un « soutien explicite à [une] dictature ».

« Ali Bongo exerce un pouvoir mal acquis »

Aujourd’hui, la rencontre Hollande-Bongo passe donc mal au sein de la société civile et des opposants politiques gabonais. Après une semaine de discussions à Paris, sous la houlette d’André Mba Obame, ex-ministre de Bongo père, passé à l’opposition et adversaire malheureux d’Ali Bongo à la présidentielle de 2009, ils préconisent la tenue de nouvelles élections et demandent l'aide de la France.

L’appel est donc lancé. Et la mise en garde explicite : « Nous espérons que François Hollande va profiter de cette rencontre pour rappeler à Ali les positions qu’il a prises sur le Gabon et sur l’Afrique, à savoir : la France ne cautionnera plus les coups d’Etat électoraux. Quand il a reçu Aung San Suu Kyi, il a dit que la France allait faire pression sur les régimes non démocratiques. S’il reçoit Bongo pour lui rappeler ça, quoi de mieux ? » observe André Mba Obame.


« Le Gabon va exploiter cette rencontre, c’est sûr, renchérit Zacharie Myboto, ex-ministre d’Omar Bongo, également passé à l’opposition et président de l’Union nationale, le parti dissout par le pouvoir début 2011, à quelques mois des législatives. Mais ce n’est pas ce qui nous importe. Que va-t-il dire de la démocratie et des Droits de l’Homme ? Qu’il le dise et de la façon la plus franche. »

« Je comprends que les Gabonais perçoivent mal cette rencontre, dont Ali, très illégitime, fait un adoubement. Mais je comprends que d’Etat à Etat, la France ne puisse pas se passer de discuter avec le Gabon. C’est le contenu de cette rencontre que je veux voir », synthétise Mike Jocktane, évêque gabonais, proche conseiller de Bongo père, lui aussi passé à l’opposition.

Il est l’un des témoins clés du livre des journalistes Thomas Hofnung et Xavier Harel, Le Scandale des biens mal acquis, enquête sur les milliards volés de la Françafrique, pour décrire le système des mallettes remises par son pays à des dirigeants politiques français. Dans un entretien à Libération en novembre, il affirmait que le système persistait et que Nicolas Sarkozy en avait profité « pour financer sa campagne de 2007 et régler une situation dans l’entre-deux tours ».

La société civile, elle, est encore plus catégorique. « Nous considérons Ali Bongo comme quelqu’un qui est arrivé au pouvoir de manière irrégulière. Il exerce un pouvoir mal acquis », fulmine sans manquer d’ironie Georges Mpaga, membre du collectif Ça suffit comme ça, petit frère du Y en a marre sénégalais.

Georges Mpaga, du réseau de bonne gouvernance gabonaise© VO

En quelques minutes, il dresse un tableau assez sombre de la situation au Gabon : « Pendant que les Gabonais n’ont pas accès à un logement de base, Ali Bongo achète des biens immobiliers à Paris », souligne-t-il, en rappelant l’enquête en cours sur les biens mal acquis des chefs d’Etat africains, qui vise notamment la famille Bongo. Sur la transparence en matière d'exploitation du pétrole, le compte n’y est pas non plus : « Le Gabon n’est pas validé par l’ITIE (Initiative pour la transparence des industries extractives) et pourrait être exclu du processus à la fin de l’année », poursuit-il.

Son camarade Marc Ona, leader de la société civile gabonaise, responsable au Gabon du programme Publiez ce que vous payez (pour la transparence des industries extractives), n’a pas pu faire le déplacement à Paris, mais a préparé une lettre ouverte à François Hollande (à télécharger ici).

« Nous avons été très attentifs aux valeurs de justice, d’Etat exemplaire et de respect des citoyens et des peuples que vous vous êtes engagé à instaurer, voire à incarner, écrit-il. C’est pourquoi, Monsieur le Président, bien qu’ayant constaté quelques signes encourageants depuis votre prise de fonction, notamment dans l’intitulé même de certains ministères et du fait de la suppression de la triste cellule africaine de l’Elysée, nous nous interrogeons, toutefois, sur le fait de savoir si vous mettrez fin, de manière tangible, à la politique de la France qui, depuis près de deux siècles, déchire les pages de notre grand livre d’Histoire au fur et à mesure que nous l’écrivons, et si les relations entre la France et le Gabon ne se résumeront plus, désormais, en une association de malfaiteurs et de dictateurs patrimonicides sur le tapis rouge. »

« Le quai d'Orsay n'a pas fait sa mue sur l'Afrique subsaharienne »

La société civile et les opposants politiques gabonais peuvent compter sur le soutien d'un réseau d’associations françaises. Greenpeace, Sauvons les riches et Survie préparent une action de rue « ironique et symbolique » dans un quartier chic de Paris, jeudi à la mi-journée. Avec Survie, le CRID, la revue Projet et le Secours catholique publient une tribune sur Mediapart : ils mettent en garde contre « un statu quo inquiétant » et appellent Hollande à profiter de l’occasion pour « dénoncer la confiscation de la liberté et de la richesse d’un pays depuis près d’un demi-siècle ». Et la pétition de Survie appelant Hollande à ne pas recevoir Bongo a déjà reçu plus de 30.000 signatures.


En revanche, la classe politique française semble moyennement concernée par cette visite. À gauche, seul le Front de gauche est monté au créneau lors d’une conférence de presse avec la société civile gabonaise tenue mercredi soir dans un café parisien. « La France doit mettre fin au soutien des dictatures et dictateurs au nom des intérêts des entreprises françaises. Ces dernières semaines, la répression politique s'est intensifiée, conduisant à l'arrestation arbitraire et à l'usage de la torture à l'encontre des étudiants et des opposants politiques gabonais », dit le communiqué de presse commun.

Au parti socialiste, silence radio. C’était pourtant bien Martine Aubry, qui, au lendemain de la présidentielle gabonaise en 2009, s’était indignée dans le JDD de l’empressement de Sarkozy à féliciter Ali Bongo pour sa victoire : « Nous avons été le seul pays à considérer que Bongo a été réélu et nous aurions mieux fait d’attendre les recours. La France devrait avoir un autre rôle en Afrique. »

Contacté par Mediapart, le socialiste Pouria Amirshahi se dit « assez énervé » de ne pas avoir été prévenu de cette rencontre entre Hollande et Bongo à l'Élysée. « Ce n'est pas ma circonscription, mais je suis aussi secrétaire national du PS à la coopération, dit le nouveau député des Français de l'étranger (Grand Maghreb/Afrique de l’Ouest). Et de se contenter de commenter la venue d'Ali Bongo comme suit : « Je n'ose imaginer qu'une telle rencontre puisse avoir lieu pour parler d'autre chose que de coopération et de développement. »

Le député européen et porte-parole d’EELV, Yannick Jadot, va plus loin : « Le système Bongo c’est la caricature de la triste réalité africaine. Et autant le Quai d’Orsay réussit à avoir un discours en phase avec la réalité sur le monde arabe, autant il n’a clairement pas fait sa mue sur l’Afrique subsaharienne. On se félicite des élections d’un Bongo, d'un Biya au Cameroun, alors qu’on est dans des situations où les mouvements d’opposition sont réprimés, les médias tenus et les richesses détournées au profit d’un clan alors qu’une partie de la population vit dans la pauvreté. »

Le sommet de la Francophonie à Kinshasa, premier test pour Hollande

Avec Ali Bongo, ce ne serait pas la première fois que la venue en France d'un chef d'Etat africain contesté divise la gauche et le PS, qui entretient, via l’Internationale socialiste, des relations très proches avec certains d’entre eux. Ainsi, Laurent Gbagbo, en pleine campagne présidentielle ivoirienne, avait reçu la visite à Abidjan de Jean-Christophe Cambadélis et de Jean-Marie Le Guen (lire ici l’enquête de Mediapart) et le soutien public d'Henri Emmanuelli et de François Loncle, en dépit de la ligne du PS. Même genre de scénario avec les Ben Ali et Moubarak, membres de l’Internationale socialiste et dont le PS a eu bien du mal à se détacher.

Aujourd’hui président, François Hollande a montré des signes, surtout symboliques, de rupture avec les pratiques qui ont prévalu pendant des décennies. Le ministère de la Coopération a changé de nom pour devenir celui du Développement. La « cellule Afrique » de l’Elysée a été supprimée. « Rompre avec la Françafrique, c’est d’abord une méthode : notre politique est transparente et passe par des canaux français bien identifiés. Il n’y a pas d’intermédiaire », insiste un conseiller en faisant clairement allusion à l'émissaire de Nicolas Sarkozy, Robert Bourgi.

La volonté de rompre avec la Françafrique est affichée. Et clairement dite par Jean-Marc Ayrault lors de son discours de politique générale devant l'Assemblée : « En Afrique, la construction d’Etats démocratiques a tout notre soutien. Une rupture avec les
dérives de la “Françafrique” est attendue par un continent dont les perspectives de croissance sont porteuses d’espoir. Nous nous attacherons à développer, avec les pays qui le souhaitent, un partenariat d’égal à égal, reposant sur la bonne gouvernance, le développement et la mobilisation de toutes les énergies. »

Yannick Jadot reconnaît un atout au président français... et une obligation : « Ce qui est rassurant, c’est qu’il ne vient pas de ces cercles-là, il n’a pas la culture de la Françafrique. Son rôle, c’est de profiter du fait qu’il ne s’est pas construit sur ces réseaux pour mettre un coup de pied dans la fourmilière. »

Il en aura l'occasion avec un premier véritable test : aller ou non au sommet de la Francophonie qui se tient à Kinshasa, en République démocratique du Congo, où Joseph Kabila a été réélu en novembre au cours d’une élection entachée de « graves irrégularités », selon la mission de l’Union européenne. La décision n’est pas prise. « Au Congo, on pense à la façon dont les élections se sont passées, on pense aux droits de l'homme et à certains procès. Et tout cela conditionnera la présence ou non du président français à Kinshasa », confie un conseiller, dans une allusion claire au procès en cours des responsables de la mort en juin 2010 du militant des droits de l’homme Floribert Chebeya, et de son chauffeur, Fidèle Bazana.

Si Hollande décide de boycotter Kinshasa, il a plusieurs options : la représentation de la France à un niveau inférieur, le report, le déplacement en un autre lieu ou l’annulation. Dans tous les cas, la décision de sécher sera prise en association avec d’autres pays du Sud. Pourquoi pas la Guinée ? Interrogé sur RFI et France 24 quant à sa participation au sommet, Alpha Condé grimace, gêné, et répond ceci : « Je pense quand même que le sommet à Kinshasa pose beaucoup de problèmes. » Et s’en remet à Abdou Diouf, que François Hollande doit rencontrer la semaine prochaine.


Jeudi 5 Juillet 2012
Gabonlibre.com : News 7J/7
Vu (s) 1611 fois




1.Posté par Alerte Info le 05/07/2012 14:41 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Une délégation de l'opposition plurielle, de la société civile et de la diaspora gabonaise de France a été reçue ce 4 juillet 2012, à l'Elysée avant le chef de l'Etat gabonais.
Vu le contentieux électoral, socio-politique qui pèse sur Ali BONGO-ONDIMBA, il est tout à fait légitime que l'Elysée reçoive l'opposition plurielle, la société civile et la diaspora gabonaise avant Ali BONGO-ONDIMBA, chef de l'Etat illégitime du Gabon. Au terme des travaux de la Rencontre de Paris du 30 juin au 3 juillet 2012, organisée par l'opposition plurielle, la société civile et la diaspora gabonaise de France, des résolutions fortes et déterminantes ont été prises pour sortir de la crise que traverse le Gabon depuis la dernière élection anticipée présidentielle de 2009:

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Gabonlibre.com : Chers intervenants, injure = exclusion définitive de notre...Signalez nous des commentaires hors sujet en cliquant "Alerte"

Depuis quelques temps, les débats sont devenus houleux dans les réactions sur votre site Internet Gabonlibre.com . Si votrese veut un lieu de débats, cet espace n’est pas, et ne sera jamais, la tribune des injures à caractères tribales,racistes, antisémites et même des injures personnelles entre certains lecteurs qui se connaissent aussi bien de façon épistolaire que physique.

Nous traquerons désormais des réactions comportant des injures et, à chaque réaction malveillante, nous n'hésiterons pas à bannir définitivement et sans recours les auteurs tout en les excluant sans réserve de notre base de données.

Injure = Exclusion définitive

Jean Ping Président élu | La Résistance Gabonaise | Histoire du Gabon | MCG | Revue Politique | Revue Economie | Revue Société | Annonces Classées | Société Civile | MDFC | CAPPO | Gabon Occupé par l'imposteur | Les Collabos | Communiqué | Les Réactions | Les syndicats / Grève | Faits Divers | Interpellation | Revue Infos Plus | Education Nationale | Gabon - Diplomatie | Culture / Evènement | Vie Etudiante | Journaux | Interview | Justice ! Affaire à Suivre | Gabon Débat | Sport | Actu Estuaire | Actu Woleu Ntem | Actu Ogooué Maritime | Actu Haut Ogooué | Actu Ngounié | Actu Moyen Ogooué | Actu Ogooué Lolo | Actu Ogooué Ivindo | Actu Nyanga | GabonlibreTV | Présidentielle 2009 | Gabonlibre.com | H. André Mba Obame

Les Articles les plus lus

Gabon : communiqué de presse de la CONASYSED

0 Commentaire - 23/09/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7

Pourquoi les noirs ne s'embrassent pas en public ?

14 Commentaires - 26/06/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7
Incroyable !
Savoir Bien Vivre...