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Afrique : Engeu mondial

le Jeudi 19 Novembre 2009 à 21:00 | Lu 1382 fois



Afrique : Engeu mondial
Un enjeu mondial

« Notre problème en Afrique, ce sont les différentes ethnies qui ne parlent pas la même langue : nous avons la Banque mondiale, la coopération française, le Fonds monétaire international, l’Usaid... » Cette boutade, qui circule au sud du Sahara, résume bien le paradoxe d’une Afrique qui attire les regards sans exprimer ses vues.

Réservoir de matières premières unique en son genre, le continent joue un rôle majeur dans l’économie de la planète. Il suscite la convoitise des pays en expansion, comme la Chine, et l’appétit de multinationales qui, malgré la crise, y réalisent de juteux bénéfices. De même, la lutte contre le terrorisme et la nécessité de sécuriser les approvisionnements énergétiques le placent sur la carte géostratégique des grandes puissances. En quelques années, l’Afrique est ainsi devenue un élément indispensable du jeu mondial de l’après-guerre froide.

Pourtant, cinquante ans après la vague d’indépendance de 1960, les rapports du continent noir avec le reste du monde demeurent marqués par d’implacables logiques de domination. Les institutions financières internationales (IFI) et les Etats bailleurs de fonds (France, Union européenne, etc.) utilisent deux armes redoutables pour orienter le cours des choses : l’argent (aide financière, refus d’annuler une dette aussi asphyxiante qu’inique) et le droit (définition de normes juridiques au travers de traités et d’institutions comme l’Organisation mondiale du commerce, OMC).

Ainsi, malgré le trésor que constituent les ressources de son sol, l’Afrique peine à affirmer ses intérêts propres. En outre, l’émergence de dirigeants pouvant desserrer l’étau international se trouve entravée par les ingérences, directes ou indirectes, des anciens pays colonisateurs. La France, notamment, soutient financièrement, diplomatiquement ou militairement des régimes prévaricateurs (Tchad, Gabon) au mépris de la volonté des populations locales — ce qui ne l’empêchera pas, en 2010, de fêter pompeusement une « année de l’Afrique » à l’occasion de l’anniversaire des indépendances de 1960.

Mais, au-delà des manœuvres occidentales, les élites locales se montrent elles-mêmes incapables de proposer une vision de l’intérêt commun. Internationalisées, acquises à l’idéologie néo-libérale, souvent déconnectées des préoccupations populaires, elles ne peuvent (ou ne veulent) pas utiliser les atouts de leurs pays pour tenter de changer les rapports de forces mondiaux. « Il n’existe pas de vision africaine de la mondialisation », déplore ainsi l’historien congolais Elikia M’Bokolo (1).

Bon élève des IFI, le continent noir est le plus ouvert au libre-échange, faisant apparaître, tel un miroir grossissant, les traits caractéristiques de l’ordre économique mondialisé. En effet, les masques tombent, en Afrique, plus vite qu’ailleurs : le libre jeu du marché s’y traduit en famines et en inégalités mortelles (44 % de la population subsaharienne vit avec moins de 1 dollar par jour) ; des Etats faibles ou complices laissent les multinationales exploiter sans vergogne des salariés locaux aux droits microscopiques ; la « concurrence libre et non faussée » se sublime en une véritable guerre, dont l’est de la République démocratique du Congo (RDC), avec ses matières premières et ses rebelles armés, demeure le symbole.

Au fond, l’Afrique est l’entropie de notre monde, l’unité de mesure du chaos social et humain qui le caractérise. Elle nous apprend beaucoup sur nous-mêmes. En cela aussi, elle est indispensable.

Cependant, alors que la crise financière jette le doute sur le libéralisme économique, le champ des possibles politiques semble s’ouvrir. Les peuples protestent (grèves, manifestations, dynamique du monde associatif, etc.) tandis que les pouvoirs, issus de la démocratisation des années 1990, tendent à se crisper. Coups d’Etat (Mauritanie, Guinée), détournements des élections (Gabon, Ouganda), manipulations constitutionnelles destinées à pérenniser des pouvoirs impopulaires (Niger, Burkina Faso, Congo-Brazzaville, etc.) demeurent fréquents.

En outre, la démographie contribue à modifier les perspectives. Dans la plupart des pays, près de la moitié de la population a moins de 15 ans. Souvent précarisées et sans perspectives, ces nouvelles générations cherchent leur place. Dans les campagnes en crise, les ghettos urbains ou sur les campus paupérisés, elles inventent des références culturelles, alimentant de nouvelles formes de contestation. Dans cet univers mouvant, la tentation de la violence s’installe comme une donnée sociale, un défi pour des populations en quête d’un avenir meilleur.

Quel mouvement, quel dirigeant sera capable de mettre à profit l’énergie populaire et les atouts du continent afin que celui-ci devienne vraiment acteur de son destin ? Après des siècles de domination, l’Afrique saura-t-elle devenir indispensable à elle-même ?


Anne-Cécile Robert.

Capitalisme, Géopolitique, Libéralisme, Relations Nord-Sud, Matières premières, Colonisation, Afrique

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(1) Elikia M’Bokolo, « L’Afrique doit produire sa propre vision de la mondialisation », Africultures, n° 54, Paris, 2003.

Jeudi 19 Novembre 2009
Vu (s) 1382 fois




1.Posté par Lejusqu'auboutiste le 24/11/2009 10:27 | Alerter
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Félicitations cher ami !

Sans être économiste, je vais vous donner mon point de vue par rapport au retard de l'Afrique.

* L'ors de la balkanalisation de l'Afriaque au congres de Berlin de 1885, les africains n'étaient pas présents

* Les "indépendances" des Etats africains africains ont été octroyées d'ou la différence de comportements entre un zimbabweén; un algérien; un angolais et un gabonais un sénégalais...

* Les blancs ont regroupé des gens aux mentalités hétérogènes pour mieux nous contrôler, mais quelques pays ont fait montre d'une certaine unité nationale, tel le cas du Cameroun où toutes les ethnies conduites par un Bassa UM NYOBE ont lutté contre le colonisateur français ...LUMUMBA fit pareil au Congo Kinshasa.

* Les colons ayant vu que les africains pouvaient malgré les différences ethniques, parler d'une même voie, ont introduit L'ARME FATALE: LE TRIBALISME

C'est cette arme qui recette jusqu'à ce jour.

Quelle est la stratégie ?
Donner le pouvoir à l'ethnie minoritaire, cette drenière pour se maintenir au pouvoir donnera toutes les ressources naturelles du pays aux colons en guise de remerciement et s'assurer la protection du colon en cas de remise en cause de sa gestion par les autres ethnies( le Jeune Afrique de la 2ème semaine de ce mois où il y'a la photo de l'autre, dit bien que c'est Bongo Omar qui a demandé à sarkotruc de ne pas démenteller la base militaire française du Gabon, car lui et sa famille seraient en insécurité) Vous comprennez donc que les miltaires français sont ici pour garder Bongo, et en retour...

QUID: comment faire pour enrayer le tribalisme de la tête du gabonais; de l'africain ? comment faire pour montrer au Téké que le Myène n'est pas un diable ? comment faire pour montrer au Kota que le Fang n'est pas un diable ? comment faire pour montrer au Nzébi que le Punu est son frère ?

Pendant que nous méfions les uns les autres, les français pillent, et se sont eux qui nous dressent contre nous mêmes

Tout le monde a peur qu'un Fang prenne le pouvoir, tout le monde a peur qu'un Punu prenne le pouvoir, et tout le monde prefere que les français nous gèrent depuis 43 ans! et oui! c'est bien les français qui gèrent le Gabon depuis 43 ans à travers une famille qu'ils ont eux mêmes créée: FAMILLE BONGO.

2.Posté par Lejusqu'auboutiste le 24/11/2009 10:49 | Alerter
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Vous conviendrez avec moi que le tribalisme c'est l'arme fatale du colon.

Prennez un brillantissime économiste comme Barack Obama père, au lieu d'être une fieté pour le pauvre Kenya, il fut plutôt une menace parce qu'il n'était pas de la même ethnie que Daniel Arap Moi, le pauvre a versé dans l'alcolisme est est mort par accident.

Kibaki a peur là où il est, parcqu'ils ont fait la même chose aux dernières élections Odinga le louo ( même ethinie qu'Obama) a gangné, mais Kibaki estimant que le pouvoir revient de droit à son ethnie depuis les Britaniques a fait ce que vous connaissez, mais il ne connaissait pas pas un louo sera L'HOMME LE PLUS PUISSANT DU MONDE

ET SI MAINTENANT BARACK OBAMA DECIDAIT DE VENGER SON PERE ?

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